Stark est arrivé dans notre famille peu après son premier anniversaire. Nous venions de faire face à la perte soudaine d’Isaac et avions besoin d’un chien loup afin d’accompagner Hestia qui allait nous rejoindre.
Stark était décrit par sa précédente famille comme « fugueur » (il avait des brulures de collier électrique au niveau du cou lors de son arrivée chez nous), « destructeur », et « protecteur ». À son arrivée, c’était un chien très anxieux, qui s’est mis à hurler au moment où j’ai fermé la porte des toilettes en arrivant à la maison, malgré la présence de mon conjoint dans la pièce avec lui. Il est arrivé avec des croquettes multicolores, que l’on a utilisé finalement en tant que renforçateurs alimentaires, et il est passé au BARF directement le jour de son arrivée.

Après plusieurs jours d’observation, il s’est avéré que Stark
- ne savait pas se retenir,
- proposait une grosse protection de ressources sur la nourriture (au point de charger le moindre être vivant dans la même pièce tant qu’il lui restait à manger dans la gamelle),
- broyait les mastications et explosait les jeux de foraging du type kongs fourrés,
- se jetait sur les mouchoirs en papiers pour les avaler,
- contrôlait le moindre mouvement de Hestia, et il n’hésitait pas à l’agresser si elle changeait de position dans son panier,
- était très intense dans ses prises en bouche après ses repas, on a longtemps cru qu’il proposait des Zoomies intenses le soir,
- hurlait, faisait ses besoins, détruisait et mangeait le papier accessible et allait jusqu’à se blesser lorsqu’il était séparé de moi et/ou de Hestia,
- avait très peur de tout en extérieur et il l’exprimait en chargeant et en grognant (vers les humain.e.s, les autres animaux, les voitures, les vélos, etc)….
Bref un chien intense, qui demandait un accompagnement permanent et me générait une grosse charge mentale. Étonnamment, il cohabitait sereinement avec Albator notre chat. Il a toujours eu des selles non moulées, ainsi que des vomissements de bile plusieurs fois par semaine. Il a toujours mangé de l’herbe et proposé régulièrement des crises de reverse sneezing, mais l’intensité et la fréquence de ses comportements variaient par période. De plus en période de mue, il déclenchait toujours un ou plusieurs hotspots; et son poil a toujours été peu dense et moutonneux. Stark a toujours été très fin physiquement malgré la pratique du canicross de façon régulière, et des balades quotidiennes.

on peut voir une tension musculaire au niveau de ses yeux et de sa bouche, caractéristique chez lui d’une douleur (évidemment personne ne le savait au moment de la prise de cette photo)
Après plusieurs années ensemble :
- Stark était capable de manger dans la même pièce que Hestia, et même de partager sa gamelle vide, mais il a toujours émis des bruits lors des préparations des gamelles. C’était le seul chien à le faire, que ça soit Hestia, Ukkima ou les pensionnaires…
- A ses 6 ans, Stark est progressivement devenu sensible à certains bruits, tels que les pétards, coups de feu, grincements, etc; au point de se mettre à trembler durant de longues minutes et de se faire dessus.
- Stark était propre en intérieur sauf lors des absences ou lorsqu’il stressait, et il s’est mis à faire des terreurs nocturnes vers ses 6,5 ans…
- Hestia pouvait se déplacer librement dans la maison (et heureusement vu ses marathons nocturnes ses dernières années), mais en extérieur si elle partait devant ou si elle rencontrait des congénères, Stark chargeait, hurlait, se débattait, etc.
- Avec l’accompagnement d’une professionnelle du monde canin spécialisée en anxiété de solitude, j’ai pu le laisser dans mon salon lors des absences, mais il avait à disposition un tas de livres « explosables » qui étaient régulièrement avalés, ainsi que des mictions lors des absences de plus de 4h.
- Il était capable de rester en intérieur ou en voiture sans dégâts ni vocalises lorsque je m’absentais moins d’une heure avec Hestia.
- Il était capable de croiser sereinement (laisse détendue) humain.e.s, voitures, vélos, chevaux, mais il proposait des mises à distance à ses congénères de plus de 10kg, aux vaches, aux moutons, et aux chats! Il s’est mis à prédater Albator à ses deux ans, et la cohabitation fût impossible malgré de nombreux essais. Il a toujours eu un gros besoin de contrôle, qu’on a longtemps confondu avec de la prédation pure car les comportements étaient similaires, surtout en extérieur où Stark fonçait contrôler ce qu’il n’identifiait pas correctement ou ce avec quoi il n’était pas à l’aise.
- Selon les périodes il continuait à se jeter compulsivement sur les mouchoirs en papier et les livres.

Au moment des vacances de Noël 2023, soit à ses 7 ans, il a soudainement perdu plusieurs kilos et était beaucoup moins énergique qu’auparavant, il s’est mis à déglutir de façon répétée la nuit, il laissait des taches de bave là où il se posait et une boule de la taille d’une balle de golf est apparue au niveau de sa thyroïde. Début janvier, on a effectué un bilan vétérinaire, où ses analyses sanguines sont ressorties parfaites, et où la vétérinaire m’a expliqué (de façon culpabilisante) que ses déglutitions nocturnes venaient d’un problème comportemental…. J’ai dû insister et on a pu effectuer un scanner afin d’essayer de comprendre l’origine de cette masse au niveau de la thyroïde. Bilan de ce scanner : ce n’est pas un cancer, on ne peut rien faire de plus !
Mais j’avais un chien de 7 ans, qui avait l’énergie d’un animal en fin de vie, et dont le comportement se détériorait. Par exemple, il tolérait de moins en moins mes absences, si je partais avec Ukkima il cherchait à nous rejoindre à tout prix (merci aux personnes qui l’ont sécurisé en voiture lors des séances de Mantrailing). J’ai donc été demander un second avis vétérinaire, où on m’a dit, « c’est un chien-loup, c’est peut être une maladie non canine ». J’en ai parlé sur les groupes de race Chien-loup Tchécoslovaque, et ce n’était pas des symptômes « récurrents ». J’ai été demander un troisième, et heureusement dernier, avis vétérinaire. Lors du bilan, il a de suite émis l’hypothèse que Stark souffre d’une MICI (maladie inflammatoire chronique des intestins). Après plusieurs examens, il s’est avéré que sa MICI était avancée, avec un système digestif très détérioré.
On a essayé de faire évoluer son alimentation pour une meilleure digestibilité en passant à une ration ménagère adaptée à sa pathologie, mais ça a aggravé ses diarrhées et sa sensibilité générale a augmenté. On a donc choisi de rester sur une ration ménagère mais à la viande crue, tout en continuant à se faire accompagner par des professionnelles de la nutrition animale, et on a observé une amélioration de ses selles, qui a permis de revenir à l’état avant le changement alimentaire.
Différents traitements médicamenteux ont été essayé, sans succès. On a pu observer que lors des phases de poussées de la MICI, Stark ingérait énormément d’herbes et de papiers, qu’il tolérait beaucoup moins mes absences, qu’il maigrissait, qu’il avait du mal à retenir ses mictions, qu’il prédatait plus et que sa réactivité augmentait, qu’il était plus intense dans ses comportements, bref un chien douloureux qu’on a longtemps ignoré par méconnaissance 😥 Stark a toujours fait de son mieux pour nous faire plaisir, et être avec nous ❤
Après avoir écrit ce témoignage et avoir échangé avec de nombreux.ses gardien.ne.s de chien.ne.s souffrant de MICI, il s’avère que l’influence génétique de ce type de maladie est très importante. Pourtant il est de notoriété publique que les chien-loup Tchécoslovaques sont sensibles au niveau digestif et qu’il est nécessaire pour la majorité d’entre elleux de manger des aliments à haute digestibilité. Si le vécu de Stark et mon témoignage peuvent permettre de mieux accompagner ces chien.ne.s et d’éviter de faire reproduire des chien.ne.s « malades », ça serait énorme !




























Les chien-loups américains sont de plus en plus connus, c’est pourquoi il me semble utile de vous proposer cet article sur les bases à « connaître » avant même d’imaginer acquérir un AWD (American WolfDog) !




La socialisation permet d’avoir un chien apte à partager la vie humaine et à s’y adapter. Cette socialisation s’effectue les premiers mois de la vie du chien. L’élevage joue donc un rôle essentiel dans cette étape ! Il est important que les chiots soient stimulés de façon auditive, visuelle et tactile. Ces stimulations devront être introduites progressivement, de manière respectueuse des émotions des chiots et être variées. Attention à l’événement désagréable qui pourrait conduire à une sensibilisation.
Un éleveur consciencieux va donc sélectionner les parents de manière à produire des chiots équilibrés, leur proposer des expériences agréables, mais néanmoins diverses et variés. Ainsi le chien sera apte à vivre dans la société humaine et à s’adapter aux nouveautés 😉
Lorsque le chien arrive chez son humain, celui-ci doit, après un temps d’adaptation du chien dans sa nouvelle famille, continuer la socialisation. En effet, même si l’éleveur a fait un super travail, il est judicieux de continuer à proposer au chien de nouvelles stimulations pour continuer à entretenir le travail fait précédemment et garder intactes ses capacités d’apprentissage et d’adaptation !
Tenir compte des signaux d’apaisement du chien




Tout d’abord, j’ai vidé mon stock d’os en peau de buffle que l’on trouve en vrac dans toutes les animaleries. Suite à la lecture d’articles tels que
Oreilles de cochon, de lapin, d’agneau, de bœuf, de daim, etc séchées:
Friandises crues: