L’accompagnement d’un.e chien.ne malade chronique !

akita inu MICI et gastrite chronique

Avoir un.e chien.ne malade, c’est endosser malgré soit un rôle d’aidant et ce rôle est majoritairement endossé par les femmes, malgré que ce ne soit pas forcément elles qui aient choisi d’accueillir un.e animal.e au sein du foyer. La maladie va impacter trois aspects principaux : les finances, le temps et la charge mentale ! On choisit rarement d’adopter sciemment un.e animal.e malade.

  • Le premier point auquel on pense, c’est le vétérinaire ! Entre la planification des rendez-vous de suivis, le temps passé pour se rendre aux rendez-vous, le temps passé en clinique ou à attendre durant les examens, la collecte de données, le coût des examens et des traitements, et évidemment le temps passé à soigner au quotidien. La plupart des chien.nes étant accompagné par une équipe de professionnels (vétérinaires, comportementaliste, pet-sitter, etc), il faut également coordonner tout le monde, à l’aide de mails et d’échanges téléphoniques. Tout ceci induit une grande charge mentale, et une fatigue non négligeable.
border collie spondylose et arthrose
Sirius, qui a une spondylose et de l’arthrose aux hanches, ainsi qu’une maladie valvulaire mitrale dégénérative de stade 2
  • La collecte de données va permettre de pouvoir analyser précisément les symptômes et les effets des soins. Comme la douleur n’est pas objectivement quantifiable, cette collecte de données permettra de l’évaluer plus précisément. Selon les pathologies on y retrouve le jour, les traitements données, les activités effectuées, les symptômes et les comportements ainsi que l’horaire à laquelle celleux-ci ont été observés, leur récurrence, leur intensité, etc.
    • Lorsque Ukkima est douloureuse au niveau digestif, elle émet ces comportements :
      • déglutitions et demande de massage de l’oesophage durant plusieurs minutes après ingestion de nourriture;
      • mâchonne l’air;
      • tension sur la laisse;
      • déplacement « en crabe » de manière à éviter que la laisse touche le dos ou le ventre;
      • mordillements compulsifs des pattes et des flancs;
      • hypersalivation;
      • « toux » de reflux acides;
      • léchages compulsifs du sol ou des mains;
      • secoue la tête et le corps en balade, avec une oreille de côté;
      • gratte les oreilles;
      • intolérance à la présence de ses congénères;
      • anxiété de solitude;
      • positions antalgiques pour se reposer;
      • coprophagie sur selles de congénères….
    • Ce sont des exemples, chaque chien.ne est unique et proposera des comportements spécifiques.
coton de Tuléar MICI
Willy, qui est atteint d’une MICI et d’un ulcère de l’estomac et du duodénum
  • Les douleurs ressenties par les chien.nes peuvent faire apparaître des comportements dits « problématiques » tels que de la réactivité aux humain.es ou aux congénères, des phobies et des peurs, une sensibilité à certains bruits, de la protection de ressources, une sensibilité aux touchers et aux manipulations, des destructions, etc. C’est pourquoi il est important de noter les changements de comportement de votre chien.ne. Ces comportements peuvent être compliqués à vivre car tant que l’animal.e est douloureux.se, il n’est pas possible, ni éthique, de mettre en place une rééducation. Selon les comportements émis par l’animal.e, ils peuvent conduire à une augmentation de l’anxiété et de l’isolement chez l’humain.e.
    • Par exemple, certaines pathologies vont entraîner une anxiété de solitude chez l’animal.e. Excepté pour les personnes ayant un post en télétravail ou qui peuvent emmener leur chien.ne sur leur lieu de travail, ça peut être une situation compliquée à vivre car il faudrait une présence continue. Il est également essentiel que l’humain.e prenne soin de lui ou elle et soit épanoui.e afin d’être en capacité émotionnelle et physique pour accompagner correctement son animal.e.
berger australien arthrose
Jeï, qui a de l’arthrose au niveau cervical, dorsal et lombaire
  • Les gardien.nes souhaitent la meilleure qualité de vie possible à leur chien.ne et sont en permanence à la recherche d’améliorations et pour trouver le meilleur équilibre possible entre toutes les contraintes du quotidien. Iels effectuent une prise de renseignements complémentaires en échangeant avec d’autres gardien.nes, et en lisant des articles scientifiques traitants de cette pathologie. Ceci va leur permettre de mieux comprendre ce que vit leur chien.ne, de partager leur expérience, de se sentir soutenu.e, et également de se rassurer; mais cela rajoute au temps passé et à la charge mentale….
MICI akita américain croisée beauceron
Asuna, qui souffre d’une MICI
  • Si vous souhaitez soutenir un.e ami.e qui a un.e chien.ne avec une maladie chronique, soyez à son écoute, proposez lui des activités qui vous permettent de partager un bon moment ensemble, tout en prenant en compte les besoins de son binôme canin, afin de respecter les besoins de tout le monde !

Je tiens à remercier l’équipe de vétérinaires qui accompagne avec réactivité et bienveillance Ukkima depuis plusieurs mois, ainsi que les familles que j’accompagne pour votre compréhension lors des reports de rendez-vous de dernière minute lorsque Ukkima est en crise.

Félicitations aux gardien.nes de chien.nes qui vivent avec une maladie chronique, vous êtes géniaux !

Stark, qui avait une MICI

Pour en savoir plus sur les douleurs chroniques :

L’histoire de Stark via son comportement et sa santé

chien-loup Tchécoslovaque dans vignes

Stark est arrivé dans notre famille peu après son premier anniversaire. Nous venions de faire face à la perte soudaine d’Isaac et avions besoin d’un chien loup afin d’accompagner Hestia qui allait nous rejoindre.

Stark était décrit par sa précédente famille comme « fugueur » (il avait des brulures de collier électrique au niveau du cou lors de son arrivée chez nous), « destructeur », et « protecteur ». À son arrivée, c’était un chien très anxieux, qui s’est mis à hurler au moment où j’ai fermé la porte des toilettes en arrivant à la maison, malgré la présence de mon conjoint dans la pièce avec lui. Il est arrivé avec des croquettes multicolores, que l’on a utilisé finalement en tant que renforçateurs alimentaires, et il est passé au BARF directement le jour de son arrivée.

chien-loup malade
Stark plusieurs mois après son adoption

Après plusieurs jours d’observation, il s’est avéré que Stark

  • ne savait pas se retenir,
  • proposait une grosse protection de ressources sur la nourriture (au point de charger le moindre être vivant dans la même pièce tant qu’il lui restait à manger dans la gamelle),
  • broyait les mastications et explosait les jeux de foraging du type kongs fourrés,
  • se jetait sur les mouchoirs en papiers pour les avaler,
  • contrôlait le moindre mouvement de Hestia, et il n’hésitait pas à l’agresser si elle changeait de position dans son panier,
  • était très intense dans ses prises en bouche après ses repas, on a longtemps cru qu’il proposait des Zoomies intenses le soir,
  • hurlait, faisait ses besoins, détruisait et mangeait le papier accessible et allait jusqu’à se blesser lorsqu’il était séparé de moi et/ou de Hestia,
  • avait très peur de tout en extérieur et il l’exprimait en chargeant et en grognant (vers les humain.e.s, les autres animaux, les voitures, les vélos, etc)….

Bref un chien intense, qui demandait un accompagnement permanent et me générait une grosse charge mentale. Étonnamment, il cohabitait sereinement avec Albator notre chat. Il a toujours eu des selles non moulées, ainsi que des vomissements de bile plusieurs fois par semaine. Il a toujours mangé de l’herbe et proposé régulièrement des crises de reverse sneezing, mais l’intensité et la fréquence de ses comportements variaient par période. De plus en période de mue, il déclenchait toujours un ou plusieurs hotspots; et son poil a toujours été peu dense et moutonneux. Stark a toujours été très fin physiquement malgré la pratique du canicross de façon régulière, et des balades quotidiennes.

Stark par Groseille Choco,
on peut voir une tension musculaire au niveau de ses yeux et de sa bouche, caractéristique chez lui d’une douleur (évidemment personne ne le savait au moment de la prise de cette photo)

Après plusieurs années ensemble :

  • Stark était capable de manger dans la même pièce que Hestia, et même de partager sa gamelle vide, mais il a toujours émis des bruits lors des préparations des gamelles. C’était le seul chien à le faire, que ça soit Hestia, Ukkima ou les pensionnaires…
  • A ses 6 ans, Stark est progressivement devenu sensible à certains bruits, tels que les pétards, coups de feu, grincements, etc; au point de se mettre à trembler durant de longues minutes et de se faire dessus.
  • Stark était propre en intérieur sauf lors des absences ou lorsqu’il stressait, et il s’est mis à faire des terreurs nocturnes vers ses 6,5 ans…
  • Hestia pouvait se déplacer librement dans la maison (et heureusement vu ses marathons nocturnes ses dernières années), mais en extérieur si elle partait devant ou si elle rencontrait des congénères, Stark chargeait, hurlait, se débattait, etc.
  • Avec l’accompagnement d’une professionnelle du monde canin spécialisée en anxiété de solitude, j’ai pu le laisser dans mon salon lors des absences, mais il avait à disposition un tas de livres « explosables » qui étaient régulièrement avalés, ainsi que des mictions lors des absences de plus de 4h.
  • Il était capable de rester en intérieur ou en voiture sans dégâts ni vocalises lorsque je m’absentais moins d’une heure avec Hestia.
  • Il était capable de croiser sereinement (laisse détendue) humain.e.s, voitures, vélos, chevaux, mais il proposait des mises à distance à ses congénères de plus de 10kg, aux vaches, aux moutons, et aux chats! Il s’est mis à prédater Albator à ses deux ans, et la cohabitation fût impossible malgré de nombreux essais. Il a toujours eu un gros besoin de contrôle, qu’on a longtemps confondu avec de la prédation pure car les comportements étaient similaires, surtout en extérieur où Stark fonçait contrôler ce qu’il n’identifiait pas correctement ou ce avec quoi il n’était pas à l’aise.
  • Selon les périodes il continuait à se jeter compulsivement sur les mouchoirs en papier et les livres.
Stark qui mange un mouchoir dans la rue, pendant une crise de MICI fin 2024

Au moment des vacances de Noël 2023, soit à ses 7 ans, il a soudainement perdu plusieurs kilos et était beaucoup moins énergique qu’auparavant, il s’est mis à déglutir de façon répétée la nuit, il laissait des taches de bave là où il se posait et une boule de la taille d’une balle de golf est apparue au niveau de sa thyroïde. Début janvier, on a effectué un bilan vétérinaire, où ses analyses sanguines sont ressorties parfaites, et où la vétérinaire m’a expliqué (de façon culpabilisante) que ses déglutitions nocturnes venaient d’un problème comportemental…. J’ai dû insister et on a pu effectuer un scanner afin d’essayer de comprendre l’origine de cette masse au niveau de la thyroïde. Bilan de ce scanner : ce n’est pas un cancer, on ne peut rien faire de plus !

Mais j’avais un chien de 7 ans, qui avait l’énergie d’un animal en fin de vie, et dont le comportement se détériorait. Par exemple, il tolérait de moins en moins mes absences, si je partais avec Ukkima il cherchait à nous rejoindre à tout prix (merci aux personnes qui l’ont sécurisé en voiture lors des séances de Mantrailing). J’ai donc été demander un second avis vétérinaire, où on m’a dit, « c’est un chien-loup, c’est peut être une maladie non canine ». J’en ai parlé sur les groupes de race Chien-loup Tchécoslovaque, et ce n’était pas des symptômes « récurrents ». J’ai été demander un troisième, et heureusement dernier, avis vétérinaire. Lors du bilan, il a de suite émis l’hypothèse que Stark souffre d’une MICI (maladie inflammatoire chronique des intestins). Après plusieurs examens, il s’est avéré que sa MICI était avancée, avec un système digestif très détérioré.

On a essayé de faire évoluer son alimentation pour une meilleure digestibilité en passant à une ration ménagère adaptée à sa pathologie, mais ça a aggravé ses diarrhées et sa sensibilité générale a augmenté. On a donc choisi de rester sur une ration ménagère mais à la viande crue, tout en continuant à se faire accompagner par des professionnelles de la nutrition animale, et on a observé une amélioration de ses selles, qui a permis de revenir à l’état avant le changement alimentaire.

Différents traitements médicamenteux ont été essayé, sans succès. On a pu observer que lors des phases de poussées de la MICI, Stark ingérait énormément d’herbes et de papiers, qu’il tolérait beaucoup moins mes absences, qu’il maigrissait, qu’il avait du mal à retenir ses mictions, qu’il prédatait plus et que sa réactivité augmentait, qu’il était plus intense dans ses comportements, bref un chien douloureux qu’on a longtemps ignoré par méconnaissance 😥 Stark a toujours fait de son mieux pour nous faire plaisir, et être avec nous ❤

Après avoir écrit ce témoignage et avoir échangé avec de nombreux.ses gardien.ne.s de chien.ne.s souffrant de MICI, il s’avère que l’influence génétique de ce type de maladie est très importante. Pourtant il est de notoriété publique que les chien-loup Tchécoslovaques sont sensibles au niveau digestif et qu’il est nécessaire pour la majorité d’entre elleux de manger des aliments à haute digestibilité. Si le vécu de Stark et mon témoignage peuvent permettre de mieux accompagner ces chien.ne.s et d’éviter de faire reproduire des chien.ne.s « malades », ça serait énorme !

Stark par Photosundhy

Partager des balades sereines avec son chien

Tout le monde rêve de balades avec un chien calme et à l’écoute de nos demandes, et les réseaux sociaux encouragent ce phénomène avec la mise en avant de chiens « parfaits » avec des vidéos soigneusement choisies et montées avant d’être publiées.

  • Besoins assouvis

Lorsque vous possédez un chien, il est essentiel de répondre à ses besoins fondamentaux pour assurer son bien-être physique et mental. Le premier point que j’ai choisi d’aborder est celui des besoins de votre compagnon à quatre pattes.

Chaque chien va avoir des besoins différents, qu’il est conseillé d’apprendre à connaître afin de pouvoir y répondre correctement. En général, un chien doit pouvoir profiter de minimum une heure de balade en liberté ou en longe par jour,à son rythme, avec régulièrement de nouveaux itinéraires de promenade. La promenade permet non seulement à votre chien de se dégourdir les pattes et de faire de l’exercice physique, mais elle lui permet aussi d’explorer son environnement et de se socialiser. Selon l’individu, il y aura également des besoins plus ou moins importants à assouvir au niveau social (avec ses congénères et les humains), et aussi au niveau cognitif ou physique.

Il est important de comprendre que chaque chien a sa propre personnalité et ses propres besoins, même si on peut observer certaines tendances génétiques.

Siobhan et Pulko

  • Environnement adapté et bonne santé

Le second point regroupe l’environnement et la santé. Un chien qui n’est pas serein dans un environnement ou qui est douloureux ne sera plus forcément en mesure de faire attention à vous ou tout simplement de faire attention à l’ensemble de son environnement. Il pourra accélérer sa démarche et celle-ci pourra devenir plus erratique.

Si votre chien est mal à l’aise dans son environnement de vie, vous pouvez commencer par adapter votre itinéraire, vos horaires de sortie, ou encore prendre la voiture. Vous pouvez également contacter un professionnel afin qu’il vous accompagne pour habituer ou désensibiliser votre chien.

Si votre chien se met soudainement à charger en bout de longe, ou à foncer sur des stimuli, pensez à rendre visite à votre vétérinaire. En effet, une douleur ou un sens en diminution peuvent modifier le comportement de votre chien.

Laïka, Vanille et Zora en forêt, un environnement où elles sont sereines

  • Gestion de longe

Le troisième point est la gestion de la longe, que je conseille d’utiliser dès chiot pour l’accompagner de façon sécuritaire dans ses apprentissages.

Une longe peut faire entre 5 mètres et 20 mètres, selon votre environnement de balade, la vitesse naturelle de déplacement de votre chien, vos capacités de gestion de la longe, etc. Elle doit être attaché à un harnais adapté à la morphologie de votre chien (voir article sur les harnais), de façon à limiter les à-coups sur une zone fragile si la longe au sol s’accroche ou que quelqu’un marche dessus de façon inconsciente.

Une longe tenue doit être gérée de façon fluide, afin que le chien n’ait pas besoin de tirer pour obtenir du mou, et en même temps de pouvoir le bloquer doucement si besoin. J’ai tendance à vulgariser en disant « ta longe doit faire un sourire sans toucher le sol entre le chien et toi ».

Maya équipée avec un harnais attaché a une longe

  • Apprentissages progressifs

Le quatrième point est de respecter le rythme du chien dans ses apprentissages, et d’être cohérent. Un chiot va se déplacer de façon imprévisible au gré de ses pensées, alors qu’un chien adulte va généralement aller à son rythme d’une odeur à l’autre. Il va donc falloir être beaucoup plus concentré et réactif lors d’une balade avec un chiot qui découvre le monde (et se faufile partout), et lui laisser le temps de comprendre le fonctionnement de son environnement.

Je conseille d’apprendre dès l’arrivée du chien, et de façon respectueuse, les règles que vous demanderez régulièrement lors des balades. Personnellement en balade, mes chiens doivent rester sur le trottoir jusqu’au signal « on descend », et rester sur le chemin balisé, je n’ai pas d’exigences concernant le respect des passages piétons, car je n’en ai pas dans les deux rues alentours, et donc je demande de traverser lorsque je trouve ça pertinent. Il est essentiel que vous choisissiez les règles qui vous seront utiles à vous personnellement, car chacun a des besoins différents.

Thémis et Poppy,
Poppy est attachée afin de l’accompagner à son rythme dans ses apprentissages

  • Calme au quotidien

Le cinquième point concerne les moments sociaux avec votre chien. On a tous en tête l’image d’Epinal du lancé de balles dans le jardin avec notre chien. Malheureusement il a été démontré que les jeux de balle provoquent la sécrétion d’adrénaline, et également des problèmes physiques, il convient donc de les limiter, voir de les éviter avec certains individus.

Je recommande aux familles partageant leur quotidien avec un chien ayant un haut niveau d’énergie de privilégier les balades calmes dans des environnements de campagne, et les activités de flair qui vont apaiser le chien.

Il va également être nécessaire avec certains individus de prévoir des plages de calme dans la journée, afin que le chien ait ses besoins en repos assouvis, ce qui évitera d’avoir un chien sur-stimulé qui est haut nerveusement.

Mylo en balade avec son humaine à cheval

  • Pauses durant les balades

Pour le sixième point, on va aborder les pauses en balade.

Il y a trois principales façons de faire des pauses en balade. La première c’est lorsqu’un chien ralenti ou s’arrête pour avoir le temps d’observer et d’analyser, il est judicieux de s’arrêter avec lui pour respecter son besoin, passer du temps avec lui, et comprendre la raison de son arrêt ; tout ceci va renforcer votre lien et apprendre à votre chien à s’arrêter lorsque c’est compliqué, plutôt que foncer, ce qui lui permettra de prendre le temps de mieux gérer la situation et il sera plus serein lorsque vous prendrez des pauses.

La seconde façon de faire des pauses en balade c’est lorsque l’on va se poser pour profiter de la vue, pique-niquer, s’hydrater, papoter avec une personne, etc. Personnellement j’apprécie ne pas avoir à demander à mes chiens de se poser lorsque je suis en train d’essayer de renseigner un touriste dans une langue étrangère.

La troisième façon concerne uniquement les balades à plusieurs chiens, où il sera judicieux de s’arrêter au niveau du chien le plus lent pour l’attendre et profiter avec lui. Cela permettra aux chiens plus dynamiques d’explorer à leur façon et aux chiens les plus lents de pouvoir prendre le temps dont ils ont besoin sans ressentir de pression.

Mac et Ivy en pause

  • Influence de l’humain

Le septième et dernier point va permettre de vous donner quelques sujets d’attention sur vous-mêmes lors des prochaines balades.

L’humain va énormément influencer son chien, que ce soit physiquement, émotionnellement ou via les odeurs qu’il sécrète. S’il nous est quasiment impossible de maîtriser nos odeurs, on peut agir avec de l’entraînement sur notre émotionnel, et un peu plus facilement sur notre physique.

Plus vous allez vous déplacer rapidement, plus votre chien risque de s’exciter et d’accélérer, donc il est intéressant de se balader d’un pas calme. Lorsque l’on aperçoit un stimulus, on a l’habitude en tant qu’humain de se tourner vers celui-ci et d’avancer vers lui, alors qu’il est plus judicieux de s’en détourner si on souhaite que notre chien l’ignore.

Pour les demandes orales, il est recommandé de réfléchir à l’utilité et à la pertinence de chacune de nos demandes, afin de ne pas saturer le chien et de lui transmettre, si possible, uniquement des indications utiles ou des félicitations. Si cela est possible, il vaut mieux parler d’une voix posée à notre chien qui ressent énormément de nos émotions.

Haiko et Shaman

 Voici mes 7 conseils pour se promener sereinement avec son chien.

En avez-vous d’autres à partager ?

Créer du lien : la base d’une belle relation avec son animal

Je recommande aux personnes qui viennent d’accueillir un nouvel individu au sein de leur foyer, de créer un lien avant de commencer à lui apprendre les règles de vie du foyer et ceci quel que soit l’âge de l’animal, son passif et nos envies ! La compréhension et la confiance commune permettront d’obtenir beaucoup plus à terme qu’une simple éducation.

Comment créer du lien ?

Aménager l’environnement

Les premiers temps ensemble, il est nécessaire d’aménager l’environnement de façon sécuritaire. Cela permettra à l’animal d’explorer son lieu de vie en toute sécurité, et cela nous permettra d’observer l’animal sereinement et sans devoir le contraindre régulièrement.

Par exemple si vous souhaitez que l’animal reste au rez-de-chaussée, installez une barrière en bas des escaliers, et fermez la. Cela vous évitera de devoir le reprendre dès qu’il envisage une exploration des niveaux supérieurs de l’habitation.

Si votre animal prend en bouche les affaires qui traînent, mettez les en sécurité, soit en hauteur, dans un placard ou dans une autre pièce, et ne laissez que ses jouets accessibles. Ainsi il apprendra à s’occuper avec ses affaires, et ça limitera les tensions qui pourraient surgir s’il abîmait des affaires de valeur.

Pour les premières balades, je conseille en général une longe et un harnais ajusté. Évidemment si le chien n’est pas habitué à porter un harnais, on lui proposera un collier en gérant parfaitement notre longe ; ou on utilisera le jardin le temps de le désensibiliser, surtout si l’environnement extérieur est très dense en stimuli. L’utilisation de la longe lors des premières balades, permettra à l’animal d’explorer les alentours à son rythme, le sécurisera et permettra de le guider.

Stark qui renifle à sa guise durant une balade

Mettre en place des signaux clairs

Pour interrompre un comportement indésirable, on entend souvent « non » énoncé de façon franche et brutale. Malheureusement, cette interruption orale n’apprend pas à l’animal le comportement qu’il aurait dû proposer. Il est plus efficace pour l’apprentissage et pour créer un lien, d’apprendre à l’animal le signal associé à un comportement adapté !

Par exemple pour un chien qui quémande à table, vous pouvez lui demander d’aller à son panier, de s’asseoir, de changer de pièce, etc ! Ce sont des comportements alternatifs qui devront avoir été renforcés au préalable et suffisamment maîtrisés pour être proposés dans cette situation.

Okashii en plein mulottage

Proposer un cadre sécurisant

Ce cadre éducatif va permettre au chien de se développer sereinement, il connaitra les possibilités de son action sur son environnement. Ce cadre dépend de chaque foyer, et de ses besoins propres. Pour le poser, il est recommandé d’avoir des règles cohérentes appliquées par l’ensemble des membres de la famille.

Par exemple, si vous choisissez que votre chien doit rester sur les chemins en balade, toute la famille doit s’y tenir et personne ne doit envoyer le chien dans les sous-bois !

Afin que le chien puisse avoir une base d’attachement sécure, il est idéal de ne lui proposer que des expériences qu’il est capable de gérer émotionnellement et de façon sereine. S’il n’est pas serein, vous pouvez le rassurer, le prendre contre vous s’il le souhaite, bref le soutenir afin qu’il sache qu’il peut compter sur vous. De plus, s’il prend peur de quelque chose, éloignez-vous en afin de respecter sa zone de confort et laissez le s’en rapprocher de lui-même, à son rythme.

Pixie la Berger Australien qui se détend au contact de son humaine

Renforcer les bons comportements

Notre éducation nous a donné l’habitude de punir les « mauvais » comportements, mais rarement de récompenser les « bons » comportements. Les termes « mauvais » et « bons » sont entre guillemets car ces appellations dépendent de notre façon de voir les choses. Un animal n’a pas cette conscience, il va produire un comportement car celui-ci lui a été ou lui est bénéfique. Il est donc judicieux de renforcer les comportements que l’on souhaite voir reproduire. Le renforçateur dépendra toutefois de ce que votre chien souhaite. On pense souvent aux friandises, mais il y a également les jeux, les marques d’affection, les odeurs à renifler ou à lécher, le gibier à prédater, une nouvelle zone à explorer, un congénère avec qui communiquer, etc. Et si votre animal ne souhaite pas être renforcé par ce que vous pouvez lui proposer, vous pouvez effectuer un conditionnement en utilisant le principe de Premack !

On peut aussi varier les manières de présenter le renforçateur suivant les préférences de l’animal. Par exemple, si un chien gourmand regarde calmement ses congénères avec une laisse détendue, on peut renforcer ce comportement avec une friandise donnée à la main s’il souhaite du contact, une friandise lancée au sol s’il aime renifler, une friandise lancée en l’air s’il aime canaliser le mouvement, une friandise dans une main qui s’agite puis est lancée aléatoirement s’il apprécie cela, etc.

Seth qui troupeaute des moutons, son activité favorite

Quels sont les 5 renforçateurs favoris de votre chien ?

Pour Stark c’est :

  • prédater les chats et les écureuil
  • pratiquer une activité de flair telle que le nosework ou le mantrailing
  • renifler les messages laissés par ses congénères
  • manger du cervelas/pâté de foie/rillettes/viande séchée lancés en l’air
  • se faire gratouiller le bas du dos

Pour Hestia c’est :

  • manger loin d’un humain
  • communiquer avec ses congénères
  • se faire gratouiller le ventre
  • courir aléatoirement
  • dormir sur un support moelleux et isolé

S’adapter à ses besoins et à ses envies

Il est nécessaire de connaître son animal, de savoir ce qu’il aime ou non, et dans quelles circonstances. Ceci afin de répondre au mieux à ses besoins, qui sont propres à chaque individu. Cela évolue toute la vie du chien, et demande du temps pour observer, pour analyser, et pour ensuite mettre en pratique !

Peïkko qui profite dans l’eau

Je rencontre régulièrement des binômes « qui n’ont pas le temps », alors que la clé c’est de prendre le temps avec votre animal ! Si votre chien désire renifler durant 15 minutes la même touffe d’herbe, restez à côté de lui calmement, longe détendue ou chien non attaché, observez comment il procède, quelles parties de son corps sont mobilisées, s’il revient d’un côté de la touffe d’herbe plus régulièrement, etc. Si vous aviez prévu 30 minutes de balade, et qu’au bout de 20 minutes en restant à ses côtés vous avez fait uniquement 3 mètres, c’est que votre chien a souhaité profiter de son environnement proche et c’est parfait !

Vous aurez compris dans cet article que l’anticipation, la compréhension de l’animal et le partage de moments agréables sont nécessaires pour une belle relation.

Nils et la boue, une histoire d’amour

Avoir un chien bien dans ses pattes !

Je croise beaucoup de chiens complètement inhibés ou à l’inverse très expansifs, il s’avère souvent que ces problèmes viennent d’un manque de confiance en soi du chien. J’entends déjà certains dire « un chien trop confiant est un chien mordeur », pourquoi le serait-il s’il entretient une relation de confiance avec son humain ? Personnellement mes chiens collaborent avec moi lorsque je leur demande quelque chose. La balance des interactions étant positive, ils me suivent lorsque je rentre de balade trop tôt à leur goût , tout au plus vont-ils ralentir le pas sur le chemin du retour pour exprimer leur mécontentement! Pourtant ce sont des chien-loups adoptés adultes en association.

Cette confiance en soi d’un chien s’acquiert à tout âge , et malgré un bon début de vie, il est nécessaire de la cultiver durant toute la vie du chien.

chiot berger allemand beagle jeu baton
Nazca et Iago qui jouent ensemble

 

  • L’arrivée du chien

Cette confiance se développe dès chiot, même si le tempérament de l’individu influence évidemment. Les conditions d’élevage et le travail effectué par l’éleveur permettent de partir sur de bonnes bases, surtout lorsque l’on a peu d’expérience dans le domaine canin.

Pour un chien arrivé récemment dans le foyer, il est judicieux de le laisser s’adapter tranquillement à votre mode de vie. Pour l’apprentissage, priorisons et laissons lui le temps d’apprendre à son rythme. Il est inutile de commencer par lui apprendre des tours, mieux vaut l’accompagner dans sa découverte de l’environnement et mettant progressivement en place les règles nécessaires à la vie dans notre société. Les apprentissages nécessaires selon moi sont : la propreté, la marche en laisse, le rappel, le fait d’être serein en présence de congénères et d’humains, le relax, le stop et le refus d’appâts.

croisé labrador socia ponton
Eli sur un ponton

 

  • Les méthodes d’éducation

La méthode d’éducation influence la confiance en lui qu’aura le chien, si l’on le félicite lorsqu’il agit correctement elle va augmenter, à l’inverse s’il est contraint en permanence, elle va diminuer. Il est évident que je préconise l’éducation positive, elle nécessite du temps et une adaptation au chien, mais c’est pour moi la garantie d’un lien de confiance entre l’humain et le chien. Dans l’éducation positive, il existe différents courants, et pour un même comportement, tel que le rappel, il existe plusieurs méthodes d’apprentissages. Il est nécessaire pour appliquer une éducation respectueuse de pouvoir aménager l’environnement (on ne laisse pas traîner son nouveau sac en cuir à portée de crocs d’un chiot), d’établir un plan d’action et de prendre son temps pour l’apprentissage (compliqué d’avoir un chiot de 8 mois en liberté en centre-ville). Pour établir un plan d’action, il faut connaître son objectif, poser des jalons (étapes), choisir une méthode et analyser. L’analyse permettra de mettre en lumière les soucis rencontrés, que l’objectif ait été atteint ou non . Grâce à la connaissance de ces soucis, on adaptera les prochains apprentissages. L’éducation d’un chien nécessite une remise en question permanente.

Pour les chiens très craintifs, il ne faut pas hésiter à mettre en place des protocoles ritualisés pour chaque moment de la journée. Ainsi le chien saura exactement ce qui va se passer, et ça lui permettra d’être plus serein, et moins stressé sur le long terme.

berger allemand proprioception
Lima qui travaille sa proprioception

 

  • Les expériences positives

Dès l’arrivée du chien il faut que les expériences qu’il vive lui soient bénéfiques, en aménageant l’environnement pour éviter de le contenir, et lui permettre une exploration sécurisée. En explorant de manière autonome, le chien va pouvoir s’approprier l’environnement. S’il est stoppé régulièrement car « touche pas à ça », « attention à ta queue », « ne mange pas ça » il va avoir plus de mal à s’adapter au changement et à considérer son nouveau foyer comme un lieu sécuritaire où se ressourcer.

Il est bon de proposer régulièrement au chien de nouvelles expériences adaptées à son niveau. Ce qui signifie des expériences faciles et/ou atteignables . Il vaut mieux valoriser une expérience trop facile, et renforcer positivement son chien, plutôt que lui proposer une expérience trop difficile qui peut le décourager. Ces nouvelles expériences peuvent être très variées, ça peut être rencontrer un animal inconnu, passer un pont, résoudre un jeu d’intelligence, prendre conscience de son corps ou simplement pratiquer une discipline (mantrailing, détection, hoopers, agility, dog dancing, frisbee, canicross, rally, etc) avec son chien ! Il faudra toujours valoriser les efforts du chien, même s’il n’atteint pas l’objectif que vous souhaitiez. Dans ce cas, il sera judicieux d’analyser la raison de « l’échec » pour adapter le plan de progression. La réussite n’est pas la même pour tous, pour certains chiens marcher à côté d’un congénère sereinement demandera des mois voir des années de travail, mais ce temps de modification comportementale et émotionnelle aura permis de renforcer la compréhension et le lien du binôme!

border collie randonnée
Nils en randonnée

 

  • Le pouvoir du choix

Il faudrait permettre régulièrement au chien de faire des choix tels que le chemin à prendre en balade, la friandise à mâcher, de travailler, de se faire manipuler (voir article sur le consentement), etc. Plus le chien pourra exprimer ses propres désirs, plus son humain sera habitué à observer les situations où le chien manque de confiance, pour pouvoir les décomposer à l’aide d’étapes faciles, rassurantes et réussies !

On peut également adapter l’environnement et anticiper pour permettre au chien de faire le bon choix durant son éducation, et ainsi encore renforcer sa confiance en lui. Par exemple avec un chiot qui découvre son environnement en le mettant en bouche, on va enlever de sa portée tout ce qui peut présenter un intérêt masticatoire et laisser des jouets de goûts et de textures différents à portée, et féliciter lorsqu’il mordille un jouet !

chien-loup de Saarloos câlins
Hestia qui me demande un câlin

 

 

Ce manque de confiance en lui, entraîne le chien a avoir une mauvaise gestion des émotions et donc à ne pas réagir de façon adaptée face à une situation. Attention également aux chiens très conditionnés, limite robotisés, à proposer certains comportements. C’est peut être « pratique » dans la vie quotidienne, mais comment le chien réagira-t-il face à une situation inconnue ?

 

chiens baignade eau
Dzeus, Django, Oslo, Nazca et Orion

Le consentement canin et sa nécessité pour une relation équilibrée!

Depuis 2015, le chien est considéré dans le Code Civil comme un «  être vivant doué de sensibilité ». Ceci a amorcé une évolution dans le domaine canin, évolution qui est toujours en cours. Beaucoup d’humains considèrent encore qu’un chien doit tout accepter, c’est pourquoi je souhaite parler du consentement canin !

 

 

L’intérêt du consentement

chien-loup tchécoslovaque heureux
Maya ravie d’avoir de l’attention !

Tout imposer à un chien l’empêche de prendre confiance en lui et en nous. Certains chiens vont devenir passifs et s’en accommoder, mais d’autres vont finir par saturer et développer des problèmes comportementaux.

Il est possible de demander à son chien s’il est d’accord pour un câlin, pour un jeu, pour travailler, etc. Cela semble naturel pour moi, mais je vois régulièrement des humains obliger leur chien à subir un moment de tendresse, alors qu’il ne rêve que d’aller sentir une odeur ou jouer avec un congénère. Pourtant on m’affirme souvent dans ces cas-là : « mais il adore les câlins ! ». Je ne nie pas que ce chien apprécie sûrement les câlins au sein du foyer, lorsqu’il est au calme dans un environnement connu et pauvre en stimulation. L’envie d’un chien varie en fonction de différents paramètres, c’est pour cela que la récompense est variable !

Pour voir si un chien est consentant, il est utile de tenir compte des signaux d’apaisement qu’il transmet et du contexte ! Les signaux d’apaisement décrits par Turid Rugaas permettent de décrypter l’état émotionnel du chien, et sont la base de la prévention de la morsure. Un chien va communiquer son mal-être avant de monter dans l’échelle de l’agression et de grogner, et si son grognement n’a pas eu d’effet, il va être tenté de mordre.

 

Sur ce triptyque on voit bien l’attitude d’Olwë évoluer car il commence à perdre patience pour la photo!

Mise en place du consentement

Lorsqu’on se met à respecter les signaux de mal-être envoyé par le chien, c’est-à-dire lorsque l’on arrête immédiatement notre action lorsqu’un chien est mal à l’aise, le chien va vite comprendre qu’il est écouté et être de plus en plus expressif. Chaque chien va s’exprimer d’une façon différente, il n’existe pas de « manuel du chien qui s’exprime ». Chaque humain de chien va devoir apprendre à lire et à comprendre son binôme ! Plus le chien sera écouté, plus l’humain comprendra son chien et meilleure sera la relation dans le binôme !

 

    • Le test de consentement

      chien-loup américain câlin
      Nathorod qui en redemande ^^

Le test de consentement permet d’être certain que le chien apprécie l’action et souhaite continuer.

Par exemple, si l’on souhaite savoir si le chien apprécie notre caresse : On va le caresser pendant 3secondes, puis retirer notre main de quelques centimètres. Si le chien part, cela signifie qu’il préfère faire autre chose. S’il se colle à notre main, il souhaite d’autres caresses. On va donc le caresser quelques secondes, et retirer à nouveau notre main de quelques centimètres. Etc.

Avec cette méthode, le chien va pouvoir interrompre s’il le souhaite le moment de tendresse, ou bien nous indiquer qu’il souhaite être caresser à un autre endroit en plaçant cet endroit sous notre main !

 

    • Le medical training

      border habituation manipulations
      Seth en medical training !

Le médical training est le fait d’entraîner un animal à être acteur de ses soins. On va par exemple apprendre à un chien à prendre différentes positions destinées à faciliter les soins, à tolérer (et à mettre de lui-même) une collerette ou une muselière, et surtout à indiquer son consentement !

Un chien qui sait qu’il peut arrêter un soin désagréable et qui a confiance en l’humain va beaucoup mieux le vivre qu’un chien auquel on impose un soin (ce qui peut s’avérer nécessaire dans certaines situations). Il existe de nombreuses méthodes permettant à un chien d’indiquer qu’il est à l’aise avec un soin ou qu’il souhaite l’arrêter, par exemple le Bucket Game.

 

 

Une relation de confiance

Le partage d’expériences positives pour le chien va lui permettre d’augmenter sa confiance en l’humain ! Le consentement lors de la mise du collier ou du harnais, lorsque l’on souhaite quelque chose en promenade, lors du brossage, etc. Tous ces moments partagés de la vie quotidienne sont renforçateurs du lien 😉 On peut aussi renforcer ce lien en « travaillant » avec le chien. Dans un premier temps, il faut être ouvert à l’idée que le chien puisse ne pas avoir envie, il est nécessaire de le laisser s’exprimer à ce sujet. Ensuite il faut essayer de différencier un chien consentant et étant motivé, a un chien « en manque » de sa dose d’excitation.

chien au travail
Yopp au travail !

 

De nombreuses personnes peuvent parler des moments de solitude que mes chiens m’ont offert. Stark m’en offre très régulièrement (pour me rappeler tout ce qu’il me reste à apprendre et à progresser). Il n’aime pas particulièrement les caresses, et est très clair lorsque l’on essaie de lui en imposer. Mais il m’autorise parfois à venir lui en faire lorsqu’il est couché, il alors va me regarder en remuant le bout de la queue.

Hestia quand à elle adore mes câlins, mais a beaucoup de mal à se laisser manipuler ou à être motivée pour travailler. Elle a donc une vie moins stimulante, et on fait régulièrement de très courtes séances de medical training où elle progresse à son rythme !

 

Et vous, comment votre chien exprime –t-il son consentement ?

 

71555189_2352277448204944_5941987816933163008_o
Olwë et son humaine ❤

Les chien-loups américains (AWD)

69212684_448106472704734_6040385126842499072_nLes chien-loups américains sont de plus en plus connus, c’est pourquoi il me semble utile de vous proposer cet article sur les bases à « connaître » avant même d’imaginer  acquérir un AWD (American WolfDog) !

La législation française

La législation Internationale s’appuie sur les textes émis par la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) qui n’autorise la détention de chiens-loups qu’à partir d’une filiation F5. On évoque ici des animaux qui n’appartiennent pas aux deux races reconnues par la FCI (Fédération Cynologique Internationale), à savoir le chien-loup Tchécoslovaque et le chien-loup de Saarloos.

Un  hybride F1 est un croisement d’un loup avec un chien. Un F2, un croisement d’un F1 avec un chien, ainsi de suite.  Attention un individu F7 croisé avec un F1 donnera un F2. De plus cette classification n’est pas corrélée au contenu de « gênes de loup » que possède un chien-loup. Le pourcentage transmis aux descendants n’est en effet pas proportionnel. Un F1 n’aura pas forcément 50% de « gênes » de loup, cela dépend quels gênes ont été transmis, et par qui. Deux individus à faible contenu en revanche, vont forcément produire des individus à faible contenu.
En France, selon l’Arrêté du 19 mai 2000 soumettant à autorisation la détention de loups : « La détention de loups vivants de l’espèce Canis lupus, y compris des individus hybrides dont l’ascendance récente comporte un loup, est soumise à autorisation préfectorale en application de l’article L. 212-1 du code rural. »

Cette classification est sujette à débat à cause du manque de données et de textes législatifs précis. Certaines personnes choisissent donc de ne pas en tenir compte et certains chien-loups sont toujours en attente de décisions administratives les concernant.

Le traçage et la filiation ADN sont nécessaires sur au minimum 5 générations si vous souhaitez acquérir un chien-loup aux origines non identifiées. Pour les chien-loups Tchécoslovaques et les chien-loups de Saarloos qui sont des races de chiens reconnues par la FCI, cette filiation n’est pas obligatoire, mais recommandée pour éviter tous problèmes. Un élevage sérieux veillera à vous la fournir !

 

Le contenu de loup

Suivant la quantité de gênes de loup qui leur sont transmis, les chiens-loups, dont les  AWD, peuvent appartenir à l’un des trois groupes suivants :

  • les bas contenus : entre 5% et 39% dont font partie les chien-loups Tchécoslovaques et les chien-loups de Saarloos
  • les moyens contenus : entre 40% et 79%
  • les hauts contenus : entre 80% et 99% qui sont assez rares en France et ont des comportements très particuliers !

Le but reste, dans tous les cas, d’avoir des animaux avec une apparence lupoïde et un caractère accommodant du moins dans ce qui concerne les bas et moyens contenus

En Europe trois lignées principales sont connues : la lignée Spencer (issue de l’élevage de madame Vicky Spencer), la lignée Northaid (issue de l’élevage de Mark Klemperer) et la lignée Noblepaws.

Wotan

Le caractère

En général plus un chien-loup est lupoïde physiquement, plus son caractère gagne en intensité par rapport à celui d’un chien. Donc plus il est lupoïde, plus ses instincts sont forts et plus son lien à l’humain est faible s’il n’a pas été travaillé correctement et consolidé. Pour pouvoir gérer un chien-loup, il est conseillé d’avoir de solides connaissances du langage canin, de solides moyens financiers, des nerfs bien accrochés et de la cohérence, de bonnes infrastructures et de se remettre en question fréquemment ! Plus le contenu est élevé, plus tout ceci est nécessaire.

 

  • Imprégnation

Un chien-loup à haut contenu, voire à moyen contenu, aura besoin d’être imprégné pour pourvoir vivre aux côtés d’humain. Cette imprégnation s’effectue à partir du huitième jour suivant la naissance des chiots, avant l’ouverture des yeux. Ils vont être séparés de la mère et nourris au biberon pour pouvoir s’attacher aux humains. Certains éleveurs recommandent même de ne pas trop les socialiser avec leurs congénères pour qu’ils restent proches de l’humain…. Tandis que d’autres éleveurs n’hésitent pas à élever les chiots conjointement avec la mère.

 

  • Wolf Winter Syndrom

Tous les chien-loups à haut contenu, ainsi que certains moyens contenus et chien-loups de Saarloos présentent ce qu’on appelle un « syndrome hivernal ». Ces individus vont avoir une montée d’hormones durant l’hiver (la période de reproduction des loups), qui va entraîner une irritabilité des mâles et des femelles durant les chaleurs. Cette irritabilité peut être compliquée à gérer vu la puissance et la réactivité des individus, c’est pourquoi des infrastructures, des connaissances et des compétences sont nécessaires pour éviter tout accident.

Snow

La santé

Il faut tenir compte des maladies auxquelles sont sujettes les races à l’origine des lignées :

  • La myélopathie dégénérative (MD)
  • La dysplasie des hanches et des coudes
  • Le nanisme hypophysaire (NAH)
  • La présence du gêne MDR1 pour une possible sensibilité médicamenteuse.

N’hésitez pas à demander à votre élevage les tests de santé des ascendants.

 

 

En France, on trouve majoritairement des « mix », c’est-à-dire des chien-loups américains retrempés avec des chien-loups Tchécoslovaques, avec du Berger Blanc Suisse ou avec des chiens nordiques.

N’hésitez pas à rencontrer des propriétaires de chien-loups américains de plus de 3 ans pour bénéficier de leur expérience et de leur vécu au côté de ces individus particuliers !

Un chien-loup quelque soit son contenu, correctement travaillé, respecté et aimé, sera fusionnel avec son humain, ce qui sera un réel bonheur si celui-ci y est préparé et prêt à quelques sacrifices.

Merci aux personnes m’ayant aidé à écrire cet article ❤

 

Nathorod

Races craintives ?

On entend souvent dire que certaines races de chiens sont craintives. Par exemple le Berger Blanc Suisse, le Border Collie, le Chien-Loup de Saarloos ou le Chien-loup Tchécoslovaque sont souvent qualifiés ainsi. Mais qu’en est-il vraiment ?

exemple 3

Le rôle de l’éleveur

Chaque race a été créée dans un but précis ! Cette « fonctionnalité » d’origine doit être prise en compte pour comprendre le caractère « type » de la race. Mais il faut également comprendre que chaque chien est unique 😉

 

  • Lignées craintives

Des parents craintifs risquent de transmettre génétiquement ce trait de caractère. De plus, les chiots apprennent par imitation. Le comportement et le caractère de la mère devrait donc être irréprochable en présence des chiots. Ensuite les autres congénères en présence participeront également aux apprentissages.

L’effet de mode que vivent certaines races incite des éleveurs à produire sans forcément se soucier des mariages. Idéalement le mâle et la femelle doivent être équilibrés, et les qualités physiques et mentales de l’un doivent améliorer les défauts de l’autre.

37135344_1892410797480681_4323427325556293632_n.jpg

 

  • La réserve indiquée dans le standard d’une race

Certaines races doivent être réservées selon leur standard. Cette réserve est souvent confondue avec de la crainte.

Un chien réservé ne vient pas au contact de la nouveauté mais ne doit pas éprouver de peur en sa présence. Sa réserve ne l’empêche pas d’être curieux et d’analyser la situation.

L’humain a produit à force de sélections des races avec des individus sensibles, mais cette sensibilité exacerbée doit être canalisée et les chiens doivent être socialisés pour qu’ils puissent être équilibrés.

 

La socialisation

66508705_10220466937882522_5718100028015247360_o.jpgLa socialisation permet d’avoir un chien apte à partager la vie humaine et à s’y adapter. Cette socialisation s’effectue les premiers mois de la vie du chien. L’élevage joue donc un rôle essentiel dans cette étape !  Il est important que les chiots soient stimulés de façon auditive, visuelle et tactile. Ces stimulations devront être introduites progressivement, de manière respectueuse des émotions des chiots et être variées. Attention à l’événement désagréable qui pourrait conduire à une sensibilisation.

66410161_1612585708871294_4885463193972899840_n.jpgUn éleveur consciencieux va donc sélectionner les parents de manière à produire des chiots équilibrés, leur proposer des expériences agréables, mais néanmoins diverses et variés. Ainsi le chien sera apte à vivre dans la société humaine et à s’adapter aux nouveautés 😉

 

 

Le rôle du propriétaire

66447276_356539338343945_3286814875354923008_n.jpgLorsque le chien arrive chez son humain, celui-ci doit, après un temps d’adaptation du chien dans sa nouvelle famille, continuer la socialisation. En effet, même si l’éleveur a fait un super travail, il est judicieux de continuer à proposer au chien de nouvelles stimulations pour continuer à entretenir le travail fait précédemment et garder intactes ses capacités d’apprentissage et d’adaptation !

Il convient évidemment de ne pas surestimer les capacités du chien pour éviter de le mettre en échec et lui faire perdre confiance en lui et en son humain.

67285926_1189616754544264_8095121163698569216_n.jpg

Si le chien est adulte et présente des craintes, n’hésitez pas à voir un professionnel pour vous faire accompagner dans la rééducation.

Pistes de travail :

  • 1532344706113Tenir compte des signaux d’apaisement du chien
  • Renforcer le lien humain/chien
  • Encourager le chien et le soutenir
  • Anticiper pour gérer au maximum l’environnement
  • Travailler en respectant la zone de confort du chien et lui permettre de gérer ses déplacements
  • Faire des associations positives
  • Utiliser des congénères à l’aise
  • Travailler régulièrement et par petites sessions
  • Aider la gestion des émotions à l’aide d’un complexe aux Fleurs de Bach personnalisé et/ou avec de la kinésiologie et/ou avec de la lithothérapie.

 

 

Vous aurez compris que justifier la crainte d’un chien par sa race n’est pas une solution !

 

exemple-2.jpg

Difficultés d’éducation d’un chiot (chien-loup)

  • L’éducation d’un chiot pour une adolescence « tranquille »

Un chiot de n’importe quelle race est en général adorable et quasiment parfait jusqu’à ses 7/8 mois. Il va mordiller, apprendre la propreté, faire ses dents sur certains objets, etc ; mais ces problèmes sont considérés comme normaux. Les propriétaires ne tiennent alors pas compte des mises en garde et considèrent que leur chien restera aussi parfait en grandissant.

Les erreurs d’éducation vont apparaître à l’adolescence avec l’apparition du caractère et des hormones. Les mordillements de jeu qu’on a laissé passer sans les canaliser deviennent plus intenses, plus fréquents et blessent. Les destructions mal gérées deviennent une habitude pour décharger les tensions ou tuer l’ennui, et les dégâts sont plus importants. Le chien mal canalisé devient réactif en laisse et compliqué à sortir.

Malgré une idée reçue, la socialisation ne fait pas tout. Il faut surtout pouvoir capter l’attention du chien et la garder malgré les stimulations. La peur des étrangers peut virer en agressivité si elle est mal gérée. Par exemple, si le chien est forcé au contact ou si le maître bloque les mouvements de peur de son chien pour éviter les écarts brusques, ce qui tétanise le chien et fige les peurs.

Régulièrement, les chiens font de l’hyper-attachement et de l’anxiété de séparation. Les gens veulent une relation fusionnelle avec leur chiot mais à l’adolescence le chien n’accepte plus les séparations. Il les vit très mal car il a besoin de se sentir intégré dans un groupe. En tant qu’adolescent son statut social n’est plus le même qu’en tant que chiot, l’exclusion du groupe est lourde de conséquences dans son esprit.

Les chiots qui ne côtoient pas régulièrement d’adultes bien codés et équilibrés, vont avoir des difficultés à gérer leur excitation et vont manquer d’autocontrôles. Entre chiots, ils vont s’exciter mutuellement, mais ne vont pas apprendre à s’arrêter avant d’aller trop loin. Même s’ils sont isolés des autres chiots lorsqu’ils sont trop bruts, l’action humaine est moins efficace et amène surtout de la frustration.

rottweiler-869018_1280

Une cause principale d’échec est l’incapacité des propriétaires à faire le deuil de la relation avec leur chiot, quand celui-ci devient ado. Ils n’acceptent pas de perdre cette relation magique où tout était facile, et ne parviennent pas à construire une autre relation plus contraignante et qui nécessite des sacrifices. Inconsciemment, ils n’acceptent pas de perdre leurs « acquis », voudraient que le chien reste facile comme un chiot. Ça conduit parfois les gens au déni, ça brouille leur capacité à observer et à comprendre le comportement évoluant de leur chien. Ça les empêche de remettre en question leurs certitudes erronées, et d’identifier les problèmes, d’en prendre la mesure. Plutôt que de reconnaître et accepter qu’ils se sont faits des illusions, qu’ils ont fait des erreurs et de les corriger, ils vont trouver des justifications contestables et s’éloigner de la compréhension de leur chien. Ils vont manquer d’objectivité et passeront à côté des vrais problèmes et de leurs solutions. Ils vont gérer les conséquences plutôt que de résoudre les causes, ce qui est généralement de plus en plus inconfortable pour le chien et son propriétaire. C’est un cercle vicieux dans lequel tombent beaucoup de propriétaires de chiens de toute race, les propriétaires sous-estiment la gravité de certains comportements « inadaptés », et réagissent trop tardivement.

41358989_10218018461712148_5700903490063171584_n

 

  • Les particularités des chien-loups :

Chez le chien-loup, ces conséquences sont souvent plus pénibles, et les propriétaires vont souvent mettre encore plus de temps à réagir parce qu’ils seront bridés par leur fascination pour cette race, et surtout par le regard des autres. Les propriétaires vont supporter plus de désagréments avant de réagir parce que la fascination que suscite leur chien chez les autres va les griser, et les poussera à accepter toujours plus d’inconfort en échange. Jusqu’au jour où il y aura saturation.

Les particularités des chiens-loups sont essentiellement dues à leur aspect lupoïde et à l’effet que cela produit sur les personnes. Certains propriétaires aiment voir des comportements de « loup » chez leur chien, et vont donc renforcer des mauvais comportements sans s’en rendre compte, et sans vraiment comprendre ces comportements. Les chien-loups n’ont pas de comportements de loup, ils sont seulement un peu plus influencés par leurs instincts, ils n’ont pas besoin d’avoir un maître qui soit un « mâle alpha » !

Managarn

Il y a aussi le mythe qu’un chien-loup est craintif (comme un loup) ! Selon certains propriétaires, un chien-loup n’est pas adapté à une vie domestique au sein de la famille comme tout chien de compagnie ! Ainsi ces propriétaires, n’assument pas leurs échecs concernant la socialisation de leurs chien-loups. Selon eux, s’ils n’arrivent pas à socialiser leur chien c’est parce que c’est dans la race, il n’y a rien à faire. Donc pas de remise en question, pas d’évolution possible.  Attention, la réserve est à différencier de la crainte !

Ces erreurs du maître ne concernent pas que les chiens-loups, mais comme les chiens-loups ont du loup, elles sont exacerbées sur ces races. Pour certains propriétaires, c’est très valorisant d’avoir un chien-loup alpha/dominant. Ils se construisent tout un mythe autour de leur animal, mythe qu’ils ont beaucoup de mal à remettre en cause, et le regard des autres a parfois une très grande influence sur ces difficultés de remise en question. L’humain aime les mythes, les histoires extraordinaires qui fascinent quand on les raconte. Quand on a un chien-loup on rencontre souvent des gens qui projettent des mythes sur nos chiens : « c’est un mâle alpha ? », « il faut le dominer, lui montrer que c’est vous le chef », « il fait le loup à la pleine lune ? », etc. Le public veut une histoire extraordinaire à raconter, même si on casse ces mythes, les personnes vont quand même insister sur leur version, et ignorer nos propos. Ça peut pousser certains propriétaires de chiens-loups à donner satisfaction au public, ce qui peut être très gratifiant comme expérience. Pour les propriétaires adeptes de la théorie du mâle alpha ces rencontres avec un public avide de spectaculaire les confortent dans leur vision et agissent comme un auto-renforcement.

Article coécrit avec Elsa Resurgo.

28238627_10216379700544143_7964269393429001613_o