L’accompagnement d’un.e chien.ne malade chronique !

akita inu MICI et gastrite chronique

Avoir un.e chien.ne malade, c’est endosser malgré soit un rôle d’aidant et ce rôle est majoritairement endossé par les femmes, malgré que ce ne soit pas forcément elles qui aient choisi d’accueillir un.e animal.e au sein du foyer. La maladie va impacter trois aspects principaux : les finances, le temps et la charge mentale ! On choisit rarement d’adopter sciemment un.e animal.e malade.

  • Le premier point auquel on pense, c’est le vétérinaire ! Entre la planification des rendez-vous de suivis, le temps passé pour se rendre aux rendez-vous, le temps passé en clinique ou à attendre durant les examens, la collecte de données, le coût des examens et des traitements, et évidemment le temps passé à soigner au quotidien. La plupart des chien.nes étant accompagné par une équipe de professionnels (vétérinaires, comportementaliste, pet-sitter, etc), il faut également coordonner tout le monde, à l’aide de mails et d’échanges téléphoniques. Tout ceci induit une grande charge mentale, et une fatigue non négligeable.
border collie spondylose et arthrose
Sirius, qui a une spondylose et de l’arthrose aux hanches, ainsi qu’une maladie valvulaire mitrale dégénérative de stade 2
  • La collecte de données va permettre de pouvoir analyser précisément les symptômes et les effets des soins. Comme la douleur n’est pas objectivement quantifiable, cette collecte de données permettra de l’évaluer plus précisément. Selon les pathologies on y retrouve le jour, les traitements données, les activités effectuées, les symptômes et les comportements ainsi que l’horaire à laquelle celleux-ci ont été observés, leur récurrence, leur intensité, etc.
    • Lorsque Ukkima est douloureuse au niveau digestif, elle émet ces comportements :
      • déglutitions et demande de massage de l’oesophage durant plusieurs minutes après ingestion de nourriture;
      • mâchonne l’air;
      • tension sur la laisse;
      • déplacement « en crabe » de manière à éviter que la laisse touche le dos ou le ventre;
      • mordillements compulsifs des pattes et des flancs;
      • hypersalivation;
      • « toux » de reflux acides;
      • léchages compulsifs du sol ou des mains;
      • secoue la tête et le corps en balade, avec une oreille de côté;
      • gratte les oreilles;
      • intolérance à la présence de ses congénères;
      • anxiété de solitude;
      • positions antalgiques pour se reposer;
      • coprophagie sur selles de congénères….
    • Ce sont des exemples, chaque chien.ne est unique et proposera des comportements spécifiques.
coton de Tuléar MICI
Willy, qui est atteint d’une MICI et d’un ulcère de l’estomac et du duodénum
  • Les douleurs ressenties par les chien.nes peuvent faire apparaître des comportements dits « problématiques » tels que de la réactivité aux humain.es ou aux congénères, des phobies et des peurs, une sensibilité à certains bruits, de la protection de ressources, une sensibilité aux touchers et aux manipulations, des destructions, etc. C’est pourquoi il est important de noter les changements de comportement de votre chien.ne. Ces comportements peuvent être compliqués à vivre car tant que l’animal.e est douloureux.se, il n’est pas possible, ni éthique, de mettre en place une rééducation. Selon les comportements émis par l’animal.e, ils peuvent conduire à une augmentation de l’anxiété et de l’isolement chez l’humain.e.
    • Par exemple, certaines pathologies vont entraîner une anxiété de solitude chez l’animal.e. Excepté pour les personnes ayant un post en télétravail ou qui peuvent emmener leur chien.ne sur leur lieu de travail, ça peut être une situation compliquée à vivre car il faudrait une présence continue. Il est également essentiel que l’humain.e prenne soin de lui ou elle et soit épanoui.e afin d’être en capacité émotionnelle et physique pour accompagner correctement son animal.e.
berger australien arthrose
Jeï, qui a de l’arthrose au niveau cervical, dorsal et lombaire
  • Les gardien.nes souhaitent la meilleure qualité de vie possible à leur chien.ne et sont en permanence à la recherche d’améliorations et pour trouver le meilleur équilibre possible entre toutes les contraintes du quotidien. Iels effectuent une prise de renseignements complémentaires en échangeant avec d’autres gardien.nes, et en lisant des articles scientifiques traitants de cette pathologie. Ceci va leur permettre de mieux comprendre ce que vit leur chien.ne, de partager leur expérience, de se sentir soutenu.e, et également de se rassurer; mais cela rajoute au temps passé et à la charge mentale….
MICI akita américain croisée beauceron
Asuna, qui souffre d’une MICI
  • Si vous souhaitez soutenir un.e ami.e qui a un.e chien.ne avec une maladie chronique, soyez à son écoute, proposez lui des activités qui vous permettent de partager un bon moment ensemble, tout en prenant en compte les besoins de son binôme canin, afin de respecter les besoins de tout le monde !

Je tiens à remercier l’équipe de vétérinaires qui accompagne avec réactivité et bienveillance Ukkima depuis plusieurs mois, ainsi que les familles que j’accompagne pour votre compréhension lors des reports de rendez-vous de dernière minute lorsque Ukkima est en crise.

Félicitations aux gardien.nes de chien.nes qui vivent avec une maladie chronique, vous êtes géniaux !

Stark, qui avait une MICI

Pour en savoir plus sur les douleurs chroniques :

L’histoire de Stark via son comportement et sa santé

chien-loup Tchécoslovaque dans vignes

Stark est arrivé dans notre famille peu après son premier anniversaire. Nous venions de faire face à la perte soudaine d’Isaac et avions besoin d’un chien loup afin d’accompagner Hestia qui allait nous rejoindre.

Stark était décrit par sa précédente famille comme « fugueur » (il avait des brulures de collier électrique au niveau du cou lors de son arrivée chez nous), « destructeur », et « protecteur ». À son arrivée, c’était un chien très anxieux, qui s’est mis à hurler au moment où j’ai fermé la porte des toilettes en arrivant à la maison, malgré la présence de mon conjoint dans la pièce avec lui. Il est arrivé avec des croquettes multicolores, que l’on a utilisé finalement en tant que renforçateurs alimentaires, et il est passé au BARF directement le jour de son arrivée.

chien-loup malade
Stark plusieurs mois après son adoption

Après plusieurs jours d’observation, il s’est avéré que Stark

  • ne savait pas se retenir,
  • proposait une grosse protection de ressources sur la nourriture (au point de charger le moindre être vivant dans la même pièce tant qu’il lui restait à manger dans la gamelle),
  • broyait les mastications et explosait les jeux de foraging du type kongs fourrés,
  • se jetait sur les mouchoirs en papiers pour les avaler,
  • contrôlait le moindre mouvement de Hestia, et il n’hésitait pas à l’agresser si elle changeait de position dans son panier,
  • était très intense dans ses prises en bouche après ses repas, on a longtemps cru qu’il proposait des Zoomies intenses le soir,
  • hurlait, faisait ses besoins, détruisait et mangeait le papier accessible et allait jusqu’à se blesser lorsqu’il était séparé de moi et/ou de Hestia,
  • avait très peur de tout en extérieur et il l’exprimait en chargeant et en grognant (vers les humain.e.s, les autres animaux, les voitures, les vélos, etc)….

Bref un chien intense, qui demandait un accompagnement permanent et me générait une grosse charge mentale. Étonnamment, il cohabitait sereinement avec Albator notre chat. Il a toujours eu des selles non moulées, ainsi que des vomissements de bile plusieurs fois par semaine. Il a toujours mangé de l’herbe et proposé régulièrement des crises de reverse sneezing, mais l’intensité et la fréquence de ses comportements variaient par période. De plus en période de mue, il déclenchait toujours un ou plusieurs hotspots; et son poil a toujours été peu dense et moutonneux. Stark a toujours été très fin physiquement malgré la pratique du canicross de façon régulière, et des balades quotidiennes.

Stark par Groseille Choco,
on peut voir une tension musculaire au niveau de ses yeux et de sa bouche, caractéristique chez lui d’une douleur (évidemment personne ne le savait au moment de la prise de cette photo)

Après plusieurs années ensemble :

  • Stark était capable de manger dans la même pièce que Hestia, et même de partager sa gamelle vide, mais il a toujours émis des bruits lors des préparations des gamelles. C’était le seul chien à le faire, que ça soit Hestia, Ukkima ou les pensionnaires…
  • A ses 6 ans, Stark est progressivement devenu sensible à certains bruits, tels que les pétards, coups de feu, grincements, etc; au point de se mettre à trembler durant de longues minutes et de se faire dessus.
  • Stark était propre en intérieur sauf lors des absences ou lorsqu’il stressait, et il s’est mis à faire des terreurs nocturnes vers ses 6,5 ans…
  • Hestia pouvait se déplacer librement dans la maison (et heureusement vu ses marathons nocturnes ses dernières années), mais en extérieur si elle partait devant ou si elle rencontrait des congénères, Stark chargeait, hurlait, se débattait, etc.
  • Avec l’accompagnement d’une professionnelle du monde canin spécialisée en anxiété de solitude, j’ai pu le laisser dans mon salon lors des absences, mais il avait à disposition un tas de livres « explosables » qui étaient régulièrement avalés, ainsi que des mictions lors des absences de plus de 4h.
  • Il était capable de rester en intérieur ou en voiture sans dégâts ni vocalises lorsque je m’absentais moins d’une heure avec Hestia.
  • Il était capable de croiser sereinement (laisse détendue) humain.e.s, voitures, vélos, chevaux, mais il proposait des mises à distance à ses congénères de plus de 10kg, aux vaches, aux moutons, et aux chats! Il s’est mis à prédater Albator à ses deux ans, et la cohabitation fût impossible malgré de nombreux essais. Il a toujours eu un gros besoin de contrôle, qu’on a longtemps confondu avec de la prédation pure car les comportements étaient similaires, surtout en extérieur où Stark fonçait contrôler ce qu’il n’identifiait pas correctement ou ce avec quoi il n’était pas à l’aise.
  • Selon les périodes il continuait à se jeter compulsivement sur les mouchoirs en papier et les livres.
Stark qui mange un mouchoir dans la rue, pendant une crise de MICI fin 2024

Au moment des vacances de Noël 2023, soit à ses 7 ans, il a soudainement perdu plusieurs kilos et était beaucoup moins énergique qu’auparavant, il s’est mis à déglutir de façon répétée la nuit, il laissait des taches de bave là où il se posait et une boule de la taille d’une balle de golf est apparue au niveau de sa thyroïde. Début janvier, on a effectué un bilan vétérinaire, où ses analyses sanguines sont ressorties parfaites, et où la vétérinaire m’a expliqué (de façon culpabilisante) que ses déglutitions nocturnes venaient d’un problème comportemental…. J’ai dû insister et on a pu effectuer un scanner afin d’essayer de comprendre l’origine de cette masse au niveau de la thyroïde. Bilan de ce scanner : ce n’est pas un cancer, on ne peut rien faire de plus !

Mais j’avais un chien de 7 ans, qui avait l’énergie d’un animal en fin de vie, et dont le comportement se détériorait. Par exemple, il tolérait de moins en moins mes absences, si je partais avec Ukkima il cherchait à nous rejoindre à tout prix (merci aux personnes qui l’ont sécurisé en voiture lors des séances de Mantrailing). J’ai donc été demander un second avis vétérinaire, où on m’a dit, « c’est un chien-loup, c’est peut être une maladie non canine ». J’en ai parlé sur les groupes de race Chien-loup Tchécoslovaque, et ce n’était pas des symptômes « récurrents ». J’ai été demander un troisième, et heureusement dernier, avis vétérinaire. Lors du bilan, il a de suite émis l’hypothèse que Stark souffre d’une MICI (maladie inflammatoire chronique des intestins). Après plusieurs examens, il s’est avéré que sa MICI était avancée, avec un système digestif très détérioré.

On a essayé de faire évoluer son alimentation pour une meilleure digestibilité en passant à une ration ménagère adaptée à sa pathologie, mais ça a aggravé ses diarrhées et sa sensibilité générale a augmenté. On a donc choisi de rester sur une ration ménagère mais à la viande crue, tout en continuant à se faire accompagner par des professionnelles de la nutrition animale, et on a observé une amélioration de ses selles, qui a permis de revenir à l’état avant le changement alimentaire.

Différents traitements médicamenteux ont été essayé, sans succès. On a pu observer que lors des phases de poussées de la MICI, Stark ingérait énormément d’herbes et de papiers, qu’il tolérait beaucoup moins mes absences, qu’il maigrissait, qu’il avait du mal à retenir ses mictions, qu’il prédatait plus et que sa réactivité augmentait, qu’il était plus intense dans ses comportements, bref un chien douloureux qu’on a longtemps ignoré par méconnaissance 😥 Stark a toujours fait de son mieux pour nous faire plaisir, et être avec nous ❤

Après avoir écrit ce témoignage et avoir échangé avec de nombreux.ses gardien.ne.s de chien.ne.s souffrant de MICI, il s’avère que l’influence génétique de ce type de maladie est très importante. Pourtant il est de notoriété publique que les chien-loup Tchécoslovaques sont sensibles au niveau digestif et qu’il est nécessaire pour la majorité d’entre elleux de manger des aliments à haute digestibilité. Si le vécu de Stark et mon témoignage peuvent permettre de mieux accompagner ces chien.ne.s et d’éviter de faire reproduire des chien.ne.s « malades », ça serait énorme !

Stark par Photosundhy

Partager des balades sereines avec son chien

Tout le monde rêve de balades avec un chien calme et à l’écoute de nos demandes, et les réseaux sociaux encouragent ce phénomène avec la mise en avant de chiens « parfaits » avec des vidéos soigneusement choisies et montées avant d’être publiées.

  • Besoins assouvis

Lorsque vous possédez un chien, il est essentiel de répondre à ses besoins fondamentaux pour assurer son bien-être physique et mental. Le premier point que j’ai choisi d’aborder est celui des besoins de votre compagnon à quatre pattes.

Chaque chien va avoir des besoins différents, qu’il est conseillé d’apprendre à connaître afin de pouvoir y répondre correctement. En général, un chien doit pouvoir profiter de minimum une heure de balade en liberté ou en longe par jour,à son rythme, avec régulièrement de nouveaux itinéraires de promenade. La promenade permet non seulement à votre chien de se dégourdir les pattes et de faire de l’exercice physique, mais elle lui permet aussi d’explorer son environnement et de se socialiser. Selon l’individu, il y aura également des besoins plus ou moins importants à assouvir au niveau social (avec ses congénères et les humains), et aussi au niveau cognitif ou physique.

Il est important de comprendre que chaque chien a sa propre personnalité et ses propres besoins, même si on peut observer certaines tendances génétiques.

Siobhan et Pulko

  • Environnement adapté et bonne santé

Le second point regroupe l’environnement et la santé. Un chien qui n’est pas serein dans un environnement ou qui est douloureux ne sera plus forcément en mesure de faire attention à vous ou tout simplement de faire attention à l’ensemble de son environnement. Il pourra accélérer sa démarche et celle-ci pourra devenir plus erratique.

Si votre chien est mal à l’aise dans son environnement de vie, vous pouvez commencer par adapter votre itinéraire, vos horaires de sortie, ou encore prendre la voiture. Vous pouvez également contacter un professionnel afin qu’il vous accompagne pour habituer ou désensibiliser votre chien.

Si votre chien se met soudainement à charger en bout de longe, ou à foncer sur des stimuli, pensez à rendre visite à votre vétérinaire. En effet, une douleur ou un sens en diminution peuvent modifier le comportement de votre chien.

Laïka, Vanille et Zora en forêt, un environnement où elles sont sereines

  • Gestion de longe

Le troisième point est la gestion de la longe, que je conseille d’utiliser dès chiot pour l’accompagner de façon sécuritaire dans ses apprentissages.

Une longe peut faire entre 5 mètres et 20 mètres, selon votre environnement de balade, la vitesse naturelle de déplacement de votre chien, vos capacités de gestion de la longe, etc. Elle doit être attaché à un harnais adapté à la morphologie de votre chien (voir article sur les harnais), de façon à limiter les à-coups sur une zone fragile si la longe au sol s’accroche ou que quelqu’un marche dessus de façon inconsciente.

Une longe tenue doit être gérée de façon fluide, afin que le chien n’ait pas besoin de tirer pour obtenir du mou, et en même temps de pouvoir le bloquer doucement si besoin. J’ai tendance à vulgariser en disant « ta longe doit faire un sourire sans toucher le sol entre le chien et toi ».

Maya équipée avec un harnais attaché a une longe

  • Apprentissages progressifs

Le quatrième point est de respecter le rythme du chien dans ses apprentissages, et d’être cohérent. Un chiot va se déplacer de façon imprévisible au gré de ses pensées, alors qu’un chien adulte va généralement aller à son rythme d’une odeur à l’autre. Il va donc falloir être beaucoup plus concentré et réactif lors d’une balade avec un chiot qui découvre le monde (et se faufile partout), et lui laisser le temps de comprendre le fonctionnement de son environnement.

Je conseille d’apprendre dès l’arrivée du chien, et de façon respectueuse, les règles que vous demanderez régulièrement lors des balades. Personnellement en balade, mes chiens doivent rester sur le trottoir jusqu’au signal « on descend », et rester sur le chemin balisé, je n’ai pas d’exigences concernant le respect des passages piétons, car je n’en ai pas dans les deux rues alentours, et donc je demande de traverser lorsque je trouve ça pertinent. Il est essentiel que vous choisissiez les règles qui vous seront utiles à vous personnellement, car chacun a des besoins différents.

Thémis et Poppy,
Poppy est attachée afin de l’accompagner à son rythme dans ses apprentissages

  • Calme au quotidien

Le cinquième point concerne les moments sociaux avec votre chien. On a tous en tête l’image d’Epinal du lancé de balles dans le jardin avec notre chien. Malheureusement il a été démontré que les jeux de balle provoquent la sécrétion d’adrénaline, et également des problèmes physiques, il convient donc de les limiter, voir de les éviter avec certains individus.

Je recommande aux familles partageant leur quotidien avec un chien ayant un haut niveau d’énergie de privilégier les balades calmes dans des environnements de campagne, et les activités de flair qui vont apaiser le chien.

Il va également être nécessaire avec certains individus de prévoir des plages de calme dans la journée, afin que le chien ait ses besoins en repos assouvis, ce qui évitera d’avoir un chien sur-stimulé qui est haut nerveusement.

Mylo en balade avec son humaine à cheval

  • Pauses durant les balades

Pour le sixième point, on va aborder les pauses en balade.

Il y a trois principales façons de faire des pauses en balade. La première c’est lorsqu’un chien ralenti ou s’arrête pour avoir le temps d’observer et d’analyser, il est judicieux de s’arrêter avec lui pour respecter son besoin, passer du temps avec lui, et comprendre la raison de son arrêt ; tout ceci va renforcer votre lien et apprendre à votre chien à s’arrêter lorsque c’est compliqué, plutôt que foncer, ce qui lui permettra de prendre le temps de mieux gérer la situation et il sera plus serein lorsque vous prendrez des pauses.

La seconde façon de faire des pauses en balade c’est lorsque l’on va se poser pour profiter de la vue, pique-niquer, s’hydrater, papoter avec une personne, etc. Personnellement j’apprécie ne pas avoir à demander à mes chiens de se poser lorsque je suis en train d’essayer de renseigner un touriste dans une langue étrangère.

La troisième façon concerne uniquement les balades à plusieurs chiens, où il sera judicieux de s’arrêter au niveau du chien le plus lent pour l’attendre et profiter avec lui. Cela permettra aux chiens plus dynamiques d’explorer à leur façon et aux chiens les plus lents de pouvoir prendre le temps dont ils ont besoin sans ressentir de pression.

Mac et Ivy en pause

  • Influence de l’humain

Le septième et dernier point va permettre de vous donner quelques sujets d’attention sur vous-mêmes lors des prochaines balades.

L’humain va énormément influencer son chien, que ce soit physiquement, émotionnellement ou via les odeurs qu’il sécrète. S’il nous est quasiment impossible de maîtriser nos odeurs, on peut agir avec de l’entraînement sur notre émotionnel, et un peu plus facilement sur notre physique.

Plus vous allez vous déplacer rapidement, plus votre chien risque de s’exciter et d’accélérer, donc il est intéressant de se balader d’un pas calme. Lorsque l’on aperçoit un stimulus, on a l’habitude en tant qu’humain de se tourner vers celui-ci et d’avancer vers lui, alors qu’il est plus judicieux de s’en détourner si on souhaite que notre chien l’ignore.

Pour les demandes orales, il est recommandé de réfléchir à l’utilité et à la pertinence de chacune de nos demandes, afin de ne pas saturer le chien et de lui transmettre, si possible, uniquement des indications utiles ou des félicitations. Si cela est possible, il vaut mieux parler d’une voix posée à notre chien qui ressent énormément de nos émotions.

Haiko et Shaman

 Voici mes 7 conseils pour se promener sereinement avec son chien.

En avez-vous d’autres à partager ?

Les chien-loups américains (AWD)

69212684_448106472704734_6040385126842499072_nLes chien-loups américains sont de plus en plus connus, c’est pourquoi il me semble utile de vous proposer cet article sur les bases à « connaître » avant même d’imaginer  acquérir un AWD (American WolfDog) !

La législation française

La législation Internationale s’appuie sur les textes émis par la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) qui n’autorise la détention de chiens-loups qu’à partir d’une filiation F5. On évoque ici des animaux qui n’appartiennent pas aux deux races reconnues par la FCI (Fédération Cynologique Internationale), à savoir le chien-loup Tchécoslovaque et le chien-loup de Saarloos.

Un  hybride F1 est un croisement d’un loup avec un chien. Un F2, un croisement d’un F1 avec un chien, ainsi de suite.  Attention un individu F7 croisé avec un F1 donnera un F2. De plus cette classification n’est pas corrélée au contenu de « gênes de loup » que possède un chien-loup. Le pourcentage transmis aux descendants n’est en effet pas proportionnel. Un F1 n’aura pas forcément 50% de « gênes » de loup, cela dépend quels gênes ont été transmis, et par qui. Deux individus à faible contenu en revanche, vont forcément produire des individus à faible contenu.
En France, selon l’Arrêté du 19 mai 2000 soumettant à autorisation la détention de loups : « La détention de loups vivants de l’espèce Canis lupus, y compris des individus hybrides dont l’ascendance récente comporte un loup, est soumise à autorisation préfectorale en application de l’article L. 212-1 du code rural. »

Cette classification est sujette à débat à cause du manque de données et de textes législatifs précis. Certaines personnes choisissent donc de ne pas en tenir compte et certains chien-loups sont toujours en attente de décisions administratives les concernant.

Le traçage et la filiation ADN sont nécessaires sur au minimum 5 générations si vous souhaitez acquérir un chien-loup aux origines non identifiées. Pour les chien-loups Tchécoslovaques et les chien-loups de Saarloos qui sont des races de chiens reconnues par la FCI, cette filiation n’est pas obligatoire, mais recommandée pour éviter tous problèmes. Un élevage sérieux veillera à vous la fournir !

 

Le contenu de loup

Suivant la quantité de gênes de loup qui leur sont transmis, les chiens-loups, dont les  AWD, peuvent appartenir à l’un des trois groupes suivants :

  • les bas contenus : entre 5% et 39% dont font partie les chien-loups Tchécoslovaques et les chien-loups de Saarloos
  • les moyens contenus : entre 40% et 79%
  • les hauts contenus : entre 80% et 99% qui sont assez rares en France et ont des comportements très particuliers !

Le but reste, dans tous les cas, d’avoir des animaux avec une apparence lupoïde et un caractère accommodant du moins dans ce qui concerne les bas et moyens contenus

En Europe trois lignées principales sont connues : la lignée Spencer (issue de l’élevage de madame Vicky Spencer), la lignée Northaid (issue de l’élevage de Mark Klemperer) et la lignée Noblepaws.

Wotan

Le caractère

En général plus un chien-loup est lupoïde physiquement, plus son caractère gagne en intensité par rapport à celui d’un chien. Donc plus il est lupoïde, plus ses instincts sont forts et plus son lien à l’humain est faible s’il n’a pas été travaillé correctement et consolidé. Pour pouvoir gérer un chien-loup, il est conseillé d’avoir de solides connaissances du langage canin, de solides moyens financiers, des nerfs bien accrochés et de la cohérence, de bonnes infrastructures et de se remettre en question fréquemment ! Plus le contenu est élevé, plus tout ceci est nécessaire.

 

  • Imprégnation

Un chien-loup à haut contenu, voire à moyen contenu, aura besoin d’être imprégné pour pourvoir vivre aux côtés d’humain. Cette imprégnation s’effectue à partir du huitième jour suivant la naissance des chiots, avant l’ouverture des yeux. Ils vont être séparés de la mère et nourris au biberon pour pouvoir s’attacher aux humains. Certains éleveurs recommandent même de ne pas trop les socialiser avec leurs congénères pour qu’ils restent proches de l’humain…. Tandis que d’autres éleveurs n’hésitent pas à élever les chiots conjointement avec la mère.

 

  • Wolf Winter Syndrom

Tous les chien-loups à haut contenu, ainsi que certains moyens contenus et chien-loups de Saarloos présentent ce qu’on appelle un « syndrome hivernal ». Ces individus vont avoir une montée d’hormones durant l’hiver (la période de reproduction des loups), qui va entraîner une irritabilité des mâles et des femelles durant les chaleurs. Cette irritabilité peut être compliquée à gérer vu la puissance et la réactivité des individus, c’est pourquoi des infrastructures, des connaissances et des compétences sont nécessaires pour éviter tout accident.

Snow

La santé

Il faut tenir compte des maladies auxquelles sont sujettes les races à l’origine des lignées :

  • La myélopathie dégénérative (MD)
  • La dysplasie des hanches et des coudes
  • Le nanisme hypophysaire (NAH)
  • La présence du gêne MDR1 pour une possible sensibilité médicamenteuse.

N’hésitez pas à demander à votre élevage les tests de santé des ascendants.

 

 

En France, on trouve majoritairement des « mix », c’est-à-dire des chien-loups américains retrempés avec des chien-loups Tchécoslovaques, avec du Berger Blanc Suisse ou avec des chiens nordiques.

N’hésitez pas à rencontrer des propriétaires de chien-loups américains de plus de 3 ans pour bénéficier de leur expérience et de leur vécu au côté de ces individus particuliers !

Un chien-loup quelque soit son contenu, correctement travaillé, respecté et aimé, sera fusionnel avec son humain, ce qui sera un réel bonheur si celui-ci y est préparé et prêt à quelques sacrifices.

Merci aux personnes m’ayant aidé à écrire cet article ❤

 

Nathorod

Difficultés d’éducation d’un chiot (chien-loup)

  • L’éducation d’un chiot pour une adolescence « tranquille »

Un chiot de n’importe quelle race est en général adorable et quasiment parfait jusqu’à ses 7/8 mois. Il va mordiller, apprendre la propreté, faire ses dents sur certains objets, etc ; mais ces problèmes sont considérés comme normaux. Les propriétaires ne tiennent alors pas compte des mises en garde et considèrent que leur chien restera aussi parfait en grandissant.

Les erreurs d’éducation vont apparaître à l’adolescence avec l’apparition du caractère et des hormones. Les mordillements de jeu qu’on a laissé passer sans les canaliser deviennent plus intenses, plus fréquents et blessent. Les destructions mal gérées deviennent une habitude pour décharger les tensions ou tuer l’ennui, et les dégâts sont plus importants. Le chien mal canalisé devient réactif en laisse et compliqué à sortir.

Malgré une idée reçue, la socialisation ne fait pas tout. Il faut surtout pouvoir capter l’attention du chien et la garder malgré les stimulations. La peur des étrangers peut virer en agressivité si elle est mal gérée. Par exemple, si le chien est forcé au contact ou si le maître bloque les mouvements de peur de son chien pour éviter les écarts brusques, ce qui tétanise le chien et fige les peurs.

Régulièrement, les chiens font de l’hyper-attachement et de l’anxiété de séparation. Les gens veulent une relation fusionnelle avec leur chiot mais à l’adolescence le chien n’accepte plus les séparations. Il les vit très mal car il a besoin de se sentir intégré dans un groupe. En tant qu’adolescent son statut social n’est plus le même qu’en tant que chiot, l’exclusion du groupe est lourde de conséquences dans son esprit.

Les chiots qui ne côtoient pas régulièrement d’adultes bien codés et équilibrés, vont avoir des difficultés à gérer leur excitation et vont manquer d’autocontrôles. Entre chiots, ils vont s’exciter mutuellement, mais ne vont pas apprendre à s’arrêter avant d’aller trop loin. Même s’ils sont isolés des autres chiots lorsqu’ils sont trop bruts, l’action humaine est moins efficace et amène surtout de la frustration.

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Une cause principale d’échec est l’incapacité des propriétaires à faire le deuil de la relation avec leur chiot, quand celui-ci devient ado. Ils n’acceptent pas de perdre cette relation magique où tout était facile, et ne parviennent pas à construire une autre relation plus contraignante et qui nécessite des sacrifices. Inconsciemment, ils n’acceptent pas de perdre leurs « acquis », voudraient que le chien reste facile comme un chiot. Ça conduit parfois les gens au déni, ça brouille leur capacité à observer et à comprendre le comportement évoluant de leur chien. Ça les empêche de remettre en question leurs certitudes erronées, et d’identifier les problèmes, d’en prendre la mesure. Plutôt que de reconnaître et accepter qu’ils se sont faits des illusions, qu’ils ont fait des erreurs et de les corriger, ils vont trouver des justifications contestables et s’éloigner de la compréhension de leur chien. Ils vont manquer d’objectivité et passeront à côté des vrais problèmes et de leurs solutions. Ils vont gérer les conséquences plutôt que de résoudre les causes, ce qui est généralement de plus en plus inconfortable pour le chien et son propriétaire. C’est un cercle vicieux dans lequel tombent beaucoup de propriétaires de chiens de toute race, les propriétaires sous-estiment la gravité de certains comportements « inadaptés », et réagissent trop tardivement.

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  • Les particularités des chien-loups :

Chez le chien-loup, ces conséquences sont souvent plus pénibles, et les propriétaires vont souvent mettre encore plus de temps à réagir parce qu’ils seront bridés par leur fascination pour cette race, et surtout par le regard des autres. Les propriétaires vont supporter plus de désagréments avant de réagir parce que la fascination que suscite leur chien chez les autres va les griser, et les poussera à accepter toujours plus d’inconfort en échange. Jusqu’au jour où il y aura saturation.

Les particularités des chiens-loups sont essentiellement dues à leur aspect lupoïde et à l’effet que cela produit sur les personnes. Certains propriétaires aiment voir des comportements de « loup » chez leur chien, et vont donc renforcer des mauvais comportements sans s’en rendre compte, et sans vraiment comprendre ces comportements. Les chien-loups n’ont pas de comportements de loup, ils sont seulement un peu plus influencés par leurs instincts, ils n’ont pas besoin d’avoir un maître qui soit un « mâle alpha » !

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Il y a aussi le mythe qu’un chien-loup est craintif (comme un loup) ! Selon certains propriétaires, un chien-loup n’est pas adapté à une vie domestique au sein de la famille comme tout chien de compagnie ! Ainsi ces propriétaires, n’assument pas leurs échecs concernant la socialisation de leurs chien-loups. Selon eux, s’ils n’arrivent pas à socialiser leur chien c’est parce que c’est dans la race, il n’y a rien à faire. Donc pas de remise en question, pas d’évolution possible.  Attention, la réserve est à différencier de la crainte !

Ces erreurs du maître ne concernent pas que les chiens-loups, mais comme les chiens-loups ont du loup, elles sont exacerbées sur ces races. Pour certains propriétaires, c’est très valorisant d’avoir un chien-loup alpha/dominant. Ils se construisent tout un mythe autour de leur animal, mythe qu’ils ont beaucoup de mal à remettre en cause, et le regard des autres a parfois une très grande influence sur ces difficultés de remise en question. L’humain aime les mythes, les histoires extraordinaires qui fascinent quand on les raconte. Quand on a un chien-loup on rencontre souvent des gens qui projettent des mythes sur nos chiens : « c’est un mâle alpha ? », « il faut le dominer, lui montrer que c’est vous le chef », « il fait le loup à la pleine lune ? », etc. Le public veut une histoire extraordinaire à raconter, même si on casse ces mythes, les personnes vont quand même insister sur leur version, et ignorer nos propos. Ça peut pousser certains propriétaires de chiens-loups à donner satisfaction au public, ce qui peut être très gratifiant comme expérience. Pour les propriétaires adeptes de la théorie du mâle alpha ces rencontres avec un public avide de spectaculaire les confortent dans leur vision et agissent comme un auto-renforcement.

Article coécrit avec Elsa Resurgo.

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