L’histoire de Stark via son comportement et sa santé

chien-loup Tchécoslovaque dans vignes

Stark est arrivé dans notre famille peu après son premier anniversaire. Nous venions de faire face à la perte soudaine d’Isaac et avions besoin d’un chien loup afin d’accompagner Hestia qui allait nous rejoindre.

Stark était décrit par sa précédente famille comme « fugueur » (il avait des brulures de collier électrique au niveau du cou lors de son arrivée chez nous), « destructeur », et « protecteur ». À son arrivée, c’était un chien très anxieux, qui s’est mis à hurler au moment où j’ai fermé la porte des toilettes en arrivant à la maison, malgré la présence de mon conjoint dans la pièce avec lui. Il est arrivé avec des croquettes multicolores, que l’on a utilisé finalement en tant que renforçateurs alimentaires, et il est passé au BARF directement le jour de son arrivée.

chien-loup malade
Stark plusieurs mois après son adoption

Après plusieurs jours d’observation, il s’est avéré que Stark

  • ne savait pas se retenir,
  • proposait une grosse protection de ressources sur la nourriture (au point de charger le moindre être vivant dans la même pièce tant qu’il lui restait à manger dans la gamelle),
  • broyait les mastications et explosait les jeux de foraging du type kongs fourrés,
  • se jetait sur les mouchoirs en papiers pour les avaler,
  • contrôlait le moindre mouvement de Hestia, et il n’hésitait pas à l’agresser si elle changeait de position dans son panier,
  • était très intense dans ses prises en bouche après ses repas, on a longtemps cru qu’il proposait des Zoomies intenses le soir,
  • hurlait, faisait ses besoins, détruisait et mangeait le papier accessible et allait jusqu’à se blesser lorsqu’il était séparé de moi et/ou de Hestia,
  • avait très peur de tout en extérieur et il l’exprimait en chargeant et en grognant (vers les humain.e.s, les autres animaux, les voitures, les vélos, etc)….

Bref un chien intense, qui demandait un accompagnement permanent et me générait une grosse charge mentale. Étonnamment, il cohabitait sereinement avec Albator notre chat. Il a toujours eu des selles non moulées, ainsi que des vomissements de bile plusieurs fois par semaine. Il a toujours mangé de l’herbe et proposé régulièrement des crises de reverse sneezing, mais l’intensité et la fréquence de ses comportements variaient par période. De plus en période de mue, il déclenchait toujours un ou plusieurs hotspots; et son poil a toujours été peu dense et moutonneux. Stark a toujours été très fin physiquement malgré la pratique du canicross de façon régulière, et des balades quotidiennes.

Stark par Groseille Choco,
on peut voir une tension musculaire au niveau de ses yeux et de sa bouche, caractéristique chez lui d’une douleur (évidemment personne ne le savait au moment de la prise de cette photo)

Après plusieurs années ensemble :

  • Stark était capable de manger dans la même pièce que Hestia, et même de partager sa gamelle vide, mais il a toujours émis des bruits lors des préparations des gamelles. C’était le seul chien à le faire, que ça soit Hestia, Ukkima ou les pensionnaires…
  • A ses 6 ans, Stark est progressivement devenu sensible à certains bruits, tels que les pétards, coups de feu, grincements, etc; au point de se mettre à trembler durant de longues minutes et de se faire dessus.
  • Stark était propre en intérieur sauf lors des absences ou lorsqu’il stressait, et il s’est mis à faire des terreurs nocturnes vers ses 6,5 ans…
  • Hestia pouvait se déplacer librement dans la maison (et heureusement vu ses marathons nocturnes ses dernières années), mais en extérieur si elle partait devant ou si elle rencontrait des congénères, Stark chargeait, hurlait, se débattait, etc.
  • Avec l’accompagnement d’une professionnelle du monde canin spécialisée en anxiété de solitude, j’ai pu le laisser dans mon salon lors des absences, mais il avait à disposition un tas de livres « explosables » qui étaient régulièrement avalés, ainsi que des mictions lors des absences de plus de 4h.
  • Il était capable de rester en intérieur ou en voiture sans dégâts ni vocalises lorsque je m’absentais moins d’une heure avec Hestia.
  • Il était capable de croiser sereinement (laisse détendue) humain.e.s, voitures, vélos, chevaux, mais il proposait des mises à distance à ses congénères de plus de 10kg, aux vaches, aux moutons, et aux chats! Il s’est mis à prédater Albator à ses deux ans, et la cohabitation fût impossible malgré de nombreux essais. Il a toujours eu un gros besoin de contrôle, qu’on a longtemps confondu avec de la prédation pure car les comportements étaient similaires, surtout en extérieur où Stark fonçait contrôler ce qu’il n’identifiait pas correctement ou ce avec quoi il n’était pas à l’aise.
  • Selon les périodes il continuait à se jeter compulsivement sur les mouchoirs en papier et les livres.
Stark qui mange un mouchoir dans la rue, pendant une crise de MICI fin 2024

Au moment des vacances de Noël 2023, soit à ses 7 ans, il a soudainement perdu plusieurs kilos et était beaucoup moins énergique qu’auparavant, il s’est mis à déglutir de façon répétée la nuit, il laissait des taches de bave là où il se posait et une boule de la taille d’une balle de golf est apparue au niveau de sa thyroïde. Début janvier, on a effectué un bilan vétérinaire, où ses analyses sanguines sont ressorties parfaites, et où la vétérinaire m’a expliqué (de façon culpabilisante) que ses déglutitions nocturnes venaient d’un problème comportemental…. J’ai dû insister et on a pu effectuer un scanner afin d’essayer de comprendre l’origine de cette masse au niveau de la thyroïde. Bilan de ce scanner : ce n’est pas un cancer, on ne peut rien faire de plus !

Mais j’avais un chien de 7 ans, qui avait l’énergie d’un animal en fin de vie, et dont le comportement se détériorait. Par exemple, il tolérait de moins en moins mes absences, si je partais avec Ukkima il cherchait à nous rejoindre à tout prix (merci aux personnes qui l’ont sécurisé en voiture lors des séances de Mantrailing). J’ai donc été demander un second avis vétérinaire, où on m’a dit, « c’est un chien-loup, c’est peut être une maladie non canine ». J’en ai parlé sur les groupes de race Chien-loup Tchécoslovaque, et ce n’était pas des symptômes « récurrents ». J’ai été demander un troisième, et heureusement dernier, avis vétérinaire. Lors du bilan, il a de suite émis l’hypothèse que Stark souffre d’une MICI (maladie inflammatoire chronique des intestins). Après plusieurs examens, il s’est avéré que sa MICI était avancée, avec un système digestif très détérioré.

On a essayé de faire évoluer son alimentation pour une meilleure digestibilité en passant à une ration ménagère adaptée à sa pathologie, mais ça a aggravé ses diarrhées et sa sensibilité générale a augmenté. On a donc choisi de rester sur une ration ménagère mais à la viande crue, tout en continuant à se faire accompagner par des professionnelles de la nutrition animale, et on a observé une amélioration de ses selles, qui a permis de revenir à l’état avant le changement alimentaire.

Différents traitements médicamenteux ont été essayé, sans succès. On a pu observer que lors des phases de poussées de la MICI, Stark ingérait énormément d’herbes et de papiers, qu’il tolérait beaucoup moins mes absences, qu’il maigrissait, qu’il avait du mal à retenir ses mictions, qu’il prédatait plus et que sa réactivité augmentait, qu’il était plus intense dans ses comportements, bref un chien douloureux qu’on a longtemps ignoré par méconnaissance 😥 Stark a toujours fait de son mieux pour nous faire plaisir, et être avec nous ❤

Après avoir écrit ce témoignage et avoir échangé avec de nombreux.ses gardien.ne.s de chien.ne.s souffrant de MICI, il s’avère que l’influence génétique de ce type de maladie est très importante. Pourtant il est de notoriété publique que les chien-loup Tchécoslovaques sont sensibles au niveau digestif et qu’il est nécessaire pour la majorité d’entre elleux de manger des aliments à haute digestibilité. Si le vécu de Stark et mon témoignage peuvent permettre de mieux accompagner ces chien.ne.s et d’éviter de faire reproduire des chien.ne.s « malades », ça serait énorme !

Stark par Photosundhy

Avoir un chien bien dans ses pattes !

Je croise beaucoup de chiens complètement inhibés ou à l’inverse très expansifs, il s’avère souvent que ces problèmes viennent d’un manque de confiance en soi du chien. J’entends déjà certains dire « un chien trop confiant est un chien mordeur », pourquoi le serait-il s’il entretient une relation de confiance avec son humain ? Personnellement mes chiens collaborent avec moi lorsque je leur demande quelque chose. La balance des interactions étant positive, ils me suivent lorsque je rentre de balade trop tôt à leur goût , tout au plus vont-ils ralentir le pas sur le chemin du retour pour exprimer leur mécontentement! Pourtant ce sont des chien-loups adoptés adultes en association.

Cette confiance en soi d’un chien s’acquiert à tout âge , et malgré un bon début de vie, il est nécessaire de la cultiver durant toute la vie du chien.

chiot berger allemand beagle jeu baton
Nazca et Iago qui jouent ensemble

 

  • L’arrivée du chien

Cette confiance se développe dès chiot, même si le tempérament de l’individu influence évidemment. Les conditions d’élevage et le travail effectué par l’éleveur permettent de partir sur de bonnes bases, surtout lorsque l’on a peu d’expérience dans le domaine canin.

Pour un chien arrivé récemment dans le foyer, il est judicieux de le laisser s’adapter tranquillement à votre mode de vie. Pour l’apprentissage, priorisons et laissons lui le temps d’apprendre à son rythme. Il est inutile de commencer par lui apprendre des tours, mieux vaut l’accompagner dans sa découverte de l’environnement et mettant progressivement en place les règles nécessaires à la vie dans notre société. Les apprentissages nécessaires selon moi sont : la propreté, la marche en laisse, le rappel, le fait d’être serein en présence de congénères et d’humains, le relax, le stop et le refus d’appâts.

croisé labrador socia ponton
Eli sur un ponton

 

  • Les méthodes d’éducation

La méthode d’éducation influence la confiance en lui qu’aura le chien, si l’on le félicite lorsqu’il agit correctement elle va augmenter, à l’inverse s’il est contraint en permanence, elle va diminuer. Il est évident que je préconise l’éducation positive, elle nécessite du temps et une adaptation au chien, mais c’est pour moi la garantie d’un lien de confiance entre l’humain et le chien. Dans l’éducation positive, il existe différents courants, et pour un même comportement, tel que le rappel, il existe plusieurs méthodes d’apprentissages. Il est nécessaire pour appliquer une éducation respectueuse de pouvoir aménager l’environnement (on ne laisse pas traîner son nouveau sac en cuir à portée de crocs d’un chiot), d’établir un plan d’action et de prendre son temps pour l’apprentissage (compliqué d’avoir un chiot de 8 mois en liberté en centre-ville). Pour établir un plan d’action, il faut connaître son objectif, poser des jalons (étapes), choisir une méthode et analyser. L’analyse permettra de mettre en lumière les soucis rencontrés, que l’objectif ait été atteint ou non . Grâce à la connaissance de ces soucis, on adaptera les prochains apprentissages. L’éducation d’un chien nécessite une remise en question permanente.

Pour les chiens très craintifs, il ne faut pas hésiter à mettre en place des protocoles ritualisés pour chaque moment de la journée. Ainsi le chien saura exactement ce qui va se passer, et ça lui permettra d’être plus serein, et moins stressé sur le long terme.

berger allemand proprioception
Lima qui travaille sa proprioception

 

  • Les expériences positives

Dès l’arrivée du chien il faut que les expériences qu’il vive lui soient bénéfiques, en aménageant l’environnement pour éviter de le contenir, et lui permettre une exploration sécurisée. En explorant de manière autonome, le chien va pouvoir s’approprier l’environnement. S’il est stoppé régulièrement car « touche pas à ça », « attention à ta queue », « ne mange pas ça » il va avoir plus de mal à s’adapter au changement et à considérer son nouveau foyer comme un lieu sécuritaire où se ressourcer.

Il est bon de proposer régulièrement au chien de nouvelles expériences adaptées à son niveau. Ce qui signifie des expériences faciles et/ou atteignables . Il vaut mieux valoriser une expérience trop facile, et renforcer positivement son chien, plutôt que lui proposer une expérience trop difficile qui peut le décourager. Ces nouvelles expériences peuvent être très variées, ça peut être rencontrer un animal inconnu, passer un pont, résoudre un jeu d’intelligence, prendre conscience de son corps ou simplement pratiquer une discipline (mantrailing, détection, hoopers, agility, dog dancing, frisbee, canicross, rally, etc) avec son chien ! Il faudra toujours valoriser les efforts du chien, même s’il n’atteint pas l’objectif que vous souhaitiez. Dans ce cas, il sera judicieux d’analyser la raison de « l’échec » pour adapter le plan de progression. La réussite n’est pas la même pour tous, pour certains chiens marcher à côté d’un congénère sereinement demandera des mois voir des années de travail, mais ce temps de modification comportementale et émotionnelle aura permis de renforcer la compréhension et le lien du binôme!

border collie randonnée
Nils en randonnée

 

  • Le pouvoir du choix

Il faudrait permettre régulièrement au chien de faire des choix tels que le chemin à prendre en balade, la friandise à mâcher, de travailler, de se faire manipuler (voir article sur le consentement), etc. Plus le chien pourra exprimer ses propres désirs, plus son humain sera habitué à observer les situations où le chien manque de confiance, pour pouvoir les décomposer à l’aide d’étapes faciles, rassurantes et réussies !

On peut également adapter l’environnement et anticiper pour permettre au chien de faire le bon choix durant son éducation, et ainsi encore renforcer sa confiance en lui. Par exemple avec un chiot qui découvre son environnement en le mettant en bouche, on va enlever de sa portée tout ce qui peut présenter un intérêt masticatoire et laisser des jouets de goûts et de textures différents à portée, et féliciter lorsqu’il mordille un jouet !

chien-loup de Saarloos câlins
Hestia qui me demande un câlin

 

 

Ce manque de confiance en lui, entraîne le chien a avoir une mauvaise gestion des émotions et donc à ne pas réagir de façon adaptée face à une situation. Attention également aux chiens très conditionnés, limite robotisés, à proposer certains comportements. C’est peut être « pratique » dans la vie quotidienne, mais comment le chien réagira-t-il face à une situation inconnue ?

 

chiens baignade eau
Dzeus, Django, Oslo, Nazca et Orion

Les chien-loups américains (AWD)

69212684_448106472704734_6040385126842499072_nLes chien-loups américains sont de plus en plus connus, c’est pourquoi il me semble utile de vous proposer cet article sur les bases à « connaître » avant même d’imaginer  acquérir un AWD (American WolfDog) !

La législation française

La législation Internationale s’appuie sur les textes émis par la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) qui n’autorise la détention de chiens-loups qu’à partir d’une filiation F5. On évoque ici des animaux qui n’appartiennent pas aux deux races reconnues par la FCI (Fédération Cynologique Internationale), à savoir le chien-loup Tchécoslovaque et le chien-loup de Saarloos.

Un  hybride F1 est un croisement d’un loup avec un chien. Un F2, un croisement d’un F1 avec un chien, ainsi de suite.  Attention un individu F7 croisé avec un F1 donnera un F2. De plus cette classification n’est pas corrélée au contenu de « gênes de loup » que possède un chien-loup. Le pourcentage transmis aux descendants n’est en effet pas proportionnel. Un F1 n’aura pas forcément 50% de « gênes » de loup, cela dépend quels gênes ont été transmis, et par qui. Deux individus à faible contenu en revanche, vont forcément produire des individus à faible contenu.
En France, selon l’Arrêté du 19 mai 2000 soumettant à autorisation la détention de loups : « La détention de loups vivants de l’espèce Canis lupus, y compris des individus hybrides dont l’ascendance récente comporte un loup, est soumise à autorisation préfectorale en application de l’article L. 212-1 du code rural. »

Cette classification est sujette à débat à cause du manque de données et de textes législatifs précis. Certaines personnes choisissent donc de ne pas en tenir compte et certains chien-loups sont toujours en attente de décisions administratives les concernant.

Le traçage et la filiation ADN sont nécessaires sur au minimum 5 générations si vous souhaitez acquérir un chien-loup aux origines non identifiées. Pour les chien-loups Tchécoslovaques et les chien-loups de Saarloos qui sont des races de chiens reconnues par la FCI, cette filiation n’est pas obligatoire, mais recommandée pour éviter tous problèmes. Un élevage sérieux veillera à vous la fournir !

 

Le contenu de loup

Suivant la quantité de gênes de loup qui leur sont transmis, les chiens-loups, dont les  AWD, peuvent appartenir à l’un des trois groupes suivants :

  • les bas contenus : entre 5% et 39% dont font partie les chien-loups Tchécoslovaques et les chien-loups de Saarloos
  • les moyens contenus : entre 40% et 79%
  • les hauts contenus : entre 80% et 99% qui sont assez rares en France et ont des comportements très particuliers !

Le but reste, dans tous les cas, d’avoir des animaux avec une apparence lupoïde et un caractère accommodant du moins dans ce qui concerne les bas et moyens contenus

En Europe trois lignées principales sont connues : la lignée Spencer (issue de l’élevage de madame Vicky Spencer), la lignée Northaid (issue de l’élevage de Mark Klemperer) et la lignée Noblepaws.

Wotan

Le caractère

En général plus un chien-loup est lupoïde physiquement, plus son caractère gagne en intensité par rapport à celui d’un chien. Donc plus il est lupoïde, plus ses instincts sont forts et plus son lien à l’humain est faible s’il n’a pas été travaillé correctement et consolidé. Pour pouvoir gérer un chien-loup, il est conseillé d’avoir de solides connaissances du langage canin, de solides moyens financiers, des nerfs bien accrochés et de la cohérence, de bonnes infrastructures et de se remettre en question fréquemment ! Plus le contenu est élevé, plus tout ceci est nécessaire.

 

  • Imprégnation

Un chien-loup à haut contenu, voire à moyen contenu, aura besoin d’être imprégné pour pourvoir vivre aux côtés d’humain. Cette imprégnation s’effectue à partir du huitième jour suivant la naissance des chiots, avant l’ouverture des yeux. Ils vont être séparés de la mère et nourris au biberon pour pouvoir s’attacher aux humains. Certains éleveurs recommandent même de ne pas trop les socialiser avec leurs congénères pour qu’ils restent proches de l’humain…. Tandis que d’autres éleveurs n’hésitent pas à élever les chiots conjointement avec la mère.

 

  • Wolf Winter Syndrom

Tous les chien-loups à haut contenu, ainsi que certains moyens contenus et chien-loups de Saarloos présentent ce qu’on appelle un « syndrome hivernal ». Ces individus vont avoir une montée d’hormones durant l’hiver (la période de reproduction des loups), qui va entraîner une irritabilité des mâles et des femelles durant les chaleurs. Cette irritabilité peut être compliquée à gérer vu la puissance et la réactivité des individus, c’est pourquoi des infrastructures, des connaissances et des compétences sont nécessaires pour éviter tout accident.

Snow

La santé

Il faut tenir compte des maladies auxquelles sont sujettes les races à l’origine des lignées :

  • La myélopathie dégénérative (MD)
  • La dysplasie des hanches et des coudes
  • Le nanisme hypophysaire (NAH)
  • La présence du gêne MDR1 pour une possible sensibilité médicamenteuse.

N’hésitez pas à demander à votre élevage les tests de santé des ascendants.

 

 

En France, on trouve majoritairement des « mix », c’est-à-dire des chien-loups américains retrempés avec des chien-loups Tchécoslovaques, avec du Berger Blanc Suisse ou avec des chiens nordiques.

N’hésitez pas à rencontrer des propriétaires de chien-loups américains de plus de 3 ans pour bénéficier de leur expérience et de leur vécu au côté de ces individus particuliers !

Un chien-loup quelque soit son contenu, correctement travaillé, respecté et aimé, sera fusionnel avec son humain, ce qui sera un réel bonheur si celui-ci y est préparé et prêt à quelques sacrifices.

Merci aux personnes m’ayant aidé à écrire cet article ❤

 

Nathorod

Difficultés d’éducation d’un chiot (chien-loup)

  • L’éducation d’un chiot pour une adolescence « tranquille »

Un chiot de n’importe quelle race est en général adorable et quasiment parfait jusqu’à ses 7/8 mois. Il va mordiller, apprendre la propreté, faire ses dents sur certains objets, etc ; mais ces problèmes sont considérés comme normaux. Les propriétaires ne tiennent alors pas compte des mises en garde et considèrent que leur chien restera aussi parfait en grandissant.

Les erreurs d’éducation vont apparaître à l’adolescence avec l’apparition du caractère et des hormones. Les mordillements de jeu qu’on a laissé passer sans les canaliser deviennent plus intenses, plus fréquents et blessent. Les destructions mal gérées deviennent une habitude pour décharger les tensions ou tuer l’ennui, et les dégâts sont plus importants. Le chien mal canalisé devient réactif en laisse et compliqué à sortir.

Malgré une idée reçue, la socialisation ne fait pas tout. Il faut surtout pouvoir capter l’attention du chien et la garder malgré les stimulations. La peur des étrangers peut virer en agressivité si elle est mal gérée. Par exemple, si le chien est forcé au contact ou si le maître bloque les mouvements de peur de son chien pour éviter les écarts brusques, ce qui tétanise le chien et fige les peurs.

Régulièrement, les chiens font de l’hyper-attachement et de l’anxiété de séparation. Les gens veulent une relation fusionnelle avec leur chiot mais à l’adolescence le chien n’accepte plus les séparations. Il les vit très mal car il a besoin de se sentir intégré dans un groupe. En tant qu’adolescent son statut social n’est plus le même qu’en tant que chiot, l’exclusion du groupe est lourde de conséquences dans son esprit.

Les chiots qui ne côtoient pas régulièrement d’adultes bien codés et équilibrés, vont avoir des difficultés à gérer leur excitation et vont manquer d’autocontrôles. Entre chiots, ils vont s’exciter mutuellement, mais ne vont pas apprendre à s’arrêter avant d’aller trop loin. Même s’ils sont isolés des autres chiots lorsqu’ils sont trop bruts, l’action humaine est moins efficace et amène surtout de la frustration.

rottweiler-869018_1280

Une cause principale d’échec est l’incapacité des propriétaires à faire le deuil de la relation avec leur chiot, quand celui-ci devient ado. Ils n’acceptent pas de perdre cette relation magique où tout était facile, et ne parviennent pas à construire une autre relation plus contraignante et qui nécessite des sacrifices. Inconsciemment, ils n’acceptent pas de perdre leurs « acquis », voudraient que le chien reste facile comme un chiot. Ça conduit parfois les gens au déni, ça brouille leur capacité à observer et à comprendre le comportement évoluant de leur chien. Ça les empêche de remettre en question leurs certitudes erronées, et d’identifier les problèmes, d’en prendre la mesure. Plutôt que de reconnaître et accepter qu’ils se sont faits des illusions, qu’ils ont fait des erreurs et de les corriger, ils vont trouver des justifications contestables et s’éloigner de la compréhension de leur chien. Ils vont manquer d’objectivité et passeront à côté des vrais problèmes et de leurs solutions. Ils vont gérer les conséquences plutôt que de résoudre les causes, ce qui est généralement de plus en plus inconfortable pour le chien et son propriétaire. C’est un cercle vicieux dans lequel tombent beaucoup de propriétaires de chiens de toute race, les propriétaires sous-estiment la gravité de certains comportements « inadaptés », et réagissent trop tardivement.

41358989_10218018461712148_5700903490063171584_n

 

  • Les particularités des chien-loups :

Chez le chien-loup, ces conséquences sont souvent plus pénibles, et les propriétaires vont souvent mettre encore plus de temps à réagir parce qu’ils seront bridés par leur fascination pour cette race, et surtout par le regard des autres. Les propriétaires vont supporter plus de désagréments avant de réagir parce que la fascination que suscite leur chien chez les autres va les griser, et les poussera à accepter toujours plus d’inconfort en échange. Jusqu’au jour où il y aura saturation.

Les particularités des chiens-loups sont essentiellement dues à leur aspect lupoïde et à l’effet que cela produit sur les personnes. Certains propriétaires aiment voir des comportements de « loup » chez leur chien, et vont donc renforcer des mauvais comportements sans s’en rendre compte, et sans vraiment comprendre ces comportements. Les chien-loups n’ont pas de comportements de loup, ils sont seulement un peu plus influencés par leurs instincts, ils n’ont pas besoin d’avoir un maître qui soit un « mâle alpha » !

Managarn

Il y a aussi le mythe qu’un chien-loup est craintif (comme un loup) ! Selon certains propriétaires, un chien-loup n’est pas adapté à une vie domestique au sein de la famille comme tout chien de compagnie ! Ainsi ces propriétaires, n’assument pas leurs échecs concernant la socialisation de leurs chien-loups. Selon eux, s’ils n’arrivent pas à socialiser leur chien c’est parce que c’est dans la race, il n’y a rien à faire. Donc pas de remise en question, pas d’évolution possible.  Attention, la réserve est à différencier de la crainte !

Ces erreurs du maître ne concernent pas que les chiens-loups, mais comme les chiens-loups ont du loup, elles sont exacerbées sur ces races. Pour certains propriétaires, c’est très valorisant d’avoir un chien-loup alpha/dominant. Ils se construisent tout un mythe autour de leur animal, mythe qu’ils ont beaucoup de mal à remettre en cause, et le regard des autres a parfois une très grande influence sur ces difficultés de remise en question. L’humain aime les mythes, les histoires extraordinaires qui fascinent quand on les raconte. Quand on a un chien-loup on rencontre souvent des gens qui projettent des mythes sur nos chiens : « c’est un mâle alpha ? », « il faut le dominer, lui montrer que c’est vous le chef », « il fait le loup à la pleine lune ? », etc. Le public veut une histoire extraordinaire à raconter, même si on casse ces mythes, les personnes vont quand même insister sur leur version, et ignorer nos propos. Ça peut pousser certains propriétaires de chiens-loups à donner satisfaction au public, ce qui peut être très gratifiant comme expérience. Pour les propriétaires adeptes de la théorie du mâle alpha ces rencontres avec un public avide de spectaculaire les confortent dans leur vision et agissent comme un auto-renforcement.

Article coécrit avec Elsa Resurgo.

28238627_10216379700544143_7964269393429001613_o